

Articles & Dossiers (18 topics, 67 messages) Dernier message par Adinaieros, le 13/03 à 14:33:20 |
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| Adinaieros Rédac' chef ![]() |
Luis Buñuel est l'un des plus grands cinéastes de tous les temps. Il est à la fois un précurseur, un classique et aussi un grand cinglé qui a inspiré forcément de grands auteurs comme Lynch par exemple.
Il est aussi un surréaliste, un pacifiste et surtout un pervers fétichiste. Il est né en Espagne en 1900 dans un village baigné par l'obscurantisme religieux et a bénéficié d'une éducation jésuite qui l'a façonné pour sa vie entière : son anticléricalisme vient de là mais aussi son attachement à la religion. Car si Buñuel est aussi fortement et farouchement opposé à l'Eglise c'est parce que la religion est au centre de sa réflexion et de la plupart de ses films. En 1925 il quitte l'Espagne (après avoir fait la connaissance de Dali et de Lorca) et vient à Paris où il deviendra assistant réalisateur. Peu de temps après, en collaboration avec -justement- Salvador Dali aux scénarii, il réalisera Un Chien Andalou et l'Age d'Or, deux films qui font partis intégrantes du mouvement surréaliste et dadaïste. Après cela, et les scandales provoqués par ces films, il ne tournera pas pendant 3 ans (travaillant de manière alimentaire pour des compagnies américaines)...mais tournera un documentaire, Las Hurdes (1933) qui finira de l'exiler hors du continent européen. Après une période de disette cinématographique (quelques œuvres mineures, plus alimentaires qu’autre chose), il revient sur le devant de la scène avec Los Olvidados en 1950, un film fortement politique et baigné par le néoréalisme. Ca relance sa carrière mexicaine, période de sa vie qui durera jusqu’à 1964 avec Simon du Desert.
Los Olvidados Entre temps Buñuel, à partir de 56, reprend sa carrière européenne, d’abord en France puis il revient en Espagne en 1961. L’Espagne est pourtant toujours franquiste et Buñuel, communiste, y est farouchement opposé. Sa brouille avec Dali à ce sujet durera d’ailleurs jusqu’à la mort de Buñuel malgré les tentatives de Dali de s’amender quelques semaines avant la mort du cinéaste.
Mais Viridiana est loin d’être une œuvre complaisante : lefilm obtient la palme d’or a Cannes et provoque au delà de ça des scandales politiques, diplomatiques et religieux. Le régime de Franco, après avoir permis le tournage et accepté que le film représente l'Espagne au Festival finit par l'interdire complètement. Les copies espagnoles sont saisies et détruites mais le film est distribué normalement en France. Le film est distribué en Espagne en 1977, deux ans après la mort de Franco.
La scène choc du Chien Andalou
Il poursuivra la majorité de sa carrière européenne en France avec comme principal collaborateur Jean Claude Carrière qui cosignera la majorité des scnéarii. En 72 il obtient l’Oscar du meilleur film étranger pour Le charme discret de la bourgeoisie, en 77 il met fin à sa carrière de réalisateur avec Cet obscur objet du désir. Il mourra 6 ans plus tard au Mexique. Message modifié le 19/02 à 21:47:21 par Adinaieros. |
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| Adinaieros Rédac' chef ![]() |
1933 : Las Hurdes
En 1933 l’Espagne est un pays en plein bouleversement : les modifications profondes que l’économie de marché induit dans tous les pays d’Europe frappe plus durement ce pays que tous les autres. En fait le pays est depuis plusieurs années au bord de la guerre civile (qui arrivera 3 ans plus tard). Et un cinéaste tel que Luis Buñuel, profondément politique ne pouvait laisser passer cela. Las Hurdes à ceci d ‘étonnant que c’est la seule œuvre documentaire du réalisateur : il est allé dans cette région d’Espagne, à peine connue des espagnols eux mêmes, qui est le symbole même de la pauvreté. Le film n’est pas toujours d’une finesse à toute épreuve mais vu le sujet, la forme importe peu et c’est avec un écœurement profond qu’on termine ce moyen métrage. 4.5/6 (la forme est hésitante, le fond est coup de poing) 1964 : Le journal d’une femme de chambre Ce film n’est pas forcément le plus central au niveau des thèmes abordés néanmoins 2 d’entre eux sont ici mis en avant avec force. Le premier est le fétichisme de ce grand pervers de Buñuel qui filme Jeanne Moreau avec une concupiscence vraiment jubilatoire. Il y a un tel coté comique dans ces clichés mis bout à bout (les chaussures, les bas, le costume de bonne, etc.) et à côté de ça une telle pudeur par rapport aux standards modernes qu’il est difficile de ne pas trouver cette débauche sympathique.
Surtout vu le deuxième thème bunuelien du film : la misanthropie. Le film présente uniquement le personnage de Moreau comme positif (car éduquée, morale et déterminée) et tout le reste n’est que rebut de l’humanité. Que ce soit le beauf de base, le politique, le curé, les bourgeois de campagne, etc. tout le monde en prend pour son grade et la conclusion du film (SPOILER : avec le facho pédophile qui s’en sort) est d’une noirceur difficilement supportable. 4.5/6 (un bon film ayant un peu vieilli mais au discours toujours très fort)
1977 : Cet obscur objet du désir La dernière œuvre du réalisateur surréaliste revient à ses premiers amours. Il traite donc un sujet qui lui tient à cœur –les fantasmes- à travers le prisme du surréalisme mais sans tomber dans les excès non sensiques de ses premières œuvres. Ici certains jeux de miroir sont difficiles à cerner mais l’œuvre se comprend bel et bien. La réussite est évidente et à la fois on comprend bien pourquoi il a décidé de s’arrêter là : le film reprend nombre de ses schémas habituels et si ici il les magnifie qu’aurait il pu en faire ensuite ? 5/6 (l’ultime variation de Buñuel sur le fantasme, traité avec la maestria d’un maitre au sommet de son art) |
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