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Chroniques ciné
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Topic "James Bond : Appendices" (Messages 1 à 7 sur 7) Fil RSS des messages de ce topic
Dernier message par gbouqueau, le 15/09 à 23:01:25
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Marv
Chroniqueur
http://www.vegards007.com/Fakta_Om_Ian_Fleming/Ian%20Fleming.jpg
le 14/05/2007 à 07:33:36
Acces au message James Bond : Appendices
en plus des films, voici un topic consacré à des histoires annexes sur l'univers de Bond. pour commencer, revenons aux origines avec une bio rapide sur le créateur de 007 et son incroyable vie.



IAN FLEMING
THE GOLDMAKER

une biographie de Marv



http://content.answers.com/main/content/wp/en/thumb/e/e4/200px-CasinoRoyaleCover.jpg

ORIGINES
Fleming, né en 1908, vient d’une famille anglo-écossaise. Son Grand-père, Robert Fleming, était un financier autodidacte qui avait débuté dans une usine textile de Dundee. Après avoir travaillé en Amérique, Robert va emmener sa famille à Londres, en devenant propriétaire d’une très grande demeure dans l’Oxfordshire appelée Joyce Grove. C’est une maison colossale, presque un château, très sombre, a l’architecture baroque, remplie de lambris lourds.
Le père de Ian, Valentine Fleming était avocat avant d’entrer au parlement. Avant d’avoir atteint ses 30 ans, il avait déjà épousé Evelyn Rose, eut 4 enfants (dont Ian), devint soldat et mourra pendant la première guerre mondiale, sur le champ de bataille.
Un camarade officier du nom de Winston Churchill, écrivit sa nécrologie.
Dès l’enfance, Ian eut donc une image forte de son père comme celle d’un héros ainsi qu’un modèle de vertu comme lui rappelle régulièrement sa mère, une veuve décrite comme magnifique, belle, jeune et riche, elle est un peu la première Bond-Girl de la vie de Fleming , mais pas seulement. Ian et ses trois frères lui donnèrent le surnom affectueux de « M »… Vous voyez où je veux en venir.


http://www.rarebooks.co.uk/images/products/live.and.let.die.jpg

JEUNESSE
Comme tous les garçons de la famille, Ian est allé à Eton dès qu’il a pu. Considéré comme un fauteur de troubles rebelle, il devient aussi un athlète remarquable, en gagnant notamment le trophée Victor Ludorum deux ans de suite, ce qui n’est arrivé qu’une fois dans l’histoire d’Eton.
Un jour, pour une raison quelconque, il devait être châtié alors qu’il allait faire une course de cross. Avec un certain culot, il demanda a être battu plus tôt pour pouvoir faire la course. Ils l’ont battu si fort que le sang traversait son pantalon et il a donc couru couvert de sang. Il a finit deuxième.
Ian dû quitter Eton après quelques histoires de manquement au règlement (d’après certains il eu une aventure avec une femme de chambre de l’école, anecdote qu’il aurait ensuite remise à Bond). Sa mère lui suggère alors de devenir officier comme son père, ce qu’il accepte volontiers en rentrant à l’école militaire de Sandhurst. Ce fut une expérience épouvantable pour le jeune Ian. Un soir il devait emmener sa petite amie de l’époque à une soirée de l’école mais celle-ci était déjà prise. Ian, furieux, quitta l’école, leva la première fille qu’il croisa dans un bar, passa la nuit avec elle, et chopa une maladie vénérienne. Il fut viré de l’école militaire suite à cette histoire.
Sa mère, désespérée, l’envoie en Autriche dans une école spécialisée pour les gosses de riches à problèmes où il sera hébergé par un couple de romanciers, à Kitzbühel. Il y apprit l’allemand, le ski, les courses de voitures et les nombreuses aventures sans lendemain, bref c’est la belle vie et Ian commence à trouver sa voie. Il commença à écrire des nouvelles et affina son don naturel en devenant journaliste.



http://shatterhand007.com/FlemingNovels/Moonraker/MoonrakerHardcover.jpg

PLAYBOY
A l’âge de 23 ans il débuta à l’agence internationale Reuters et il y travaillera pendant 4 ans, entre Londres, Berlin et Moscou. Ironiquement, il fut découvert avec un reportage dans la capitale russe lors d’un procès sur un scandale d’espionnage. Son style, rapide et instinctif présente les événements avec intelligence et raffinement.
Trouvant les salaires de journalistes dérisoires, il alla à la City pour gagner plus d’argent.
Il fut vite couronné comme le pire agent de change du monde, ne comprenant rien aux chiffres. Il habitait alors Ebury Street dans un immeuble étrange, une sorte de temple greco-romain aussi excentrique que pouvait l’être Fleming. Il y fonda un club d’hommes nommé en francais dans le texte « Le cercle gastronomique et des jeux de hasard » ce qui est un nom ouvertement pompeux pour désigner une bande d’épicuriens. Ian était alors un parfait playboy, travaillant peu mais vivant une vie de luxe, aux bras de superbes créatures.
Il nourrit toutefois des complexes vis-a-vis de son frère aîné Peter, considéré comme le plus intelligent de la famille après avoir écrit une série de best-sellers dans les années 30.
Après avoir investi dans une collection de vieilles éditions, Ian fait la rencontre de Muriel Wright (une mannequin), d’où sort une relation étroite. Fleming la surnommait « Honeytop ».
Mais à l’époque (1938) il poursuit aussi une relation avec Anne Charteris, nommée Lady O’Neil après avoir épousé un noble irlandais. Son coté aristocratique attire Ian, quand a elle, c’est le coup de foudre pour ce beau jeune homme à l’air si mélancolique.


http://www.manhattanrarebooks.com/images/Modern%20firsts/diamonds2.jpg

ESPION
Cette mélancolie vient peut-être du fait de sa vie en temps de paix, si ennuyeuse. La guerre va le sortir d’une sorte de léthargie pour le plonger dans un univers d’espionnage dont il a toujours rêvé. Il devient assistant d’amiral  dans les renseignements de la Marine pendant toute la guerre. L’imagination débordante pour les complots et els intrigues de guerre font de lui un important homme d’idées situé à un poste-clef. Il fit 2 fois le tour du monde, visitant les 4 coins du globe lors de missions qu’il décrit lui-même comme exaltantes et passionnantes.
En 1940 Ian est envoyé à Paris, puis dès l’occupation, il rejoindra Bordeaux dans un Q.G. mêlant résistants et militaires britanniques et francais. Son dernier soir en France, Ian et un officier passent la nuit dans le meilleur restaurant de la ville. Le gérant, voyant la fin arriver, apporte à Ian ses meilleures bouteilles de vins. Fleming, en pleine chute française, en train de boire les vins les plus raffinés dans un grand restaurant. Situation Flemingienne classique.
En 1943, à Lisbonne, Fleming rejoint une équipe d’américains qui essayent de faire tomber des hauts gradés allemands qui passaient leurs vies dans le plus gros Casino de la ville. Ian eut la brillante idée de jouer contre les allemands et de les dépouiller jusqu’à l’os, histoire de faire un trou dans la caisse secrète de l’Abwehr. Il joua au baccarat contre les Allemands et perdit une somme colossale. Ce n’est pas un exploit très réussi, mais c’est à partir de cet épisode réel qu’il écrira 10 ans plus tard le point central de Casino Royale.
Plus tard, Fleming dirigea sa propre section d’assaut de parachutistes (que les soldats appelaient « les peaux-rouges de Ian »). Il y fit d’ailleurs la rencontre de Patrick Macnee à l’époque fantassin (tandis que ce dernier avait suivi sa formation militaire aux cotés d’un certain Roger Moore). Ian entraînait les commandos, organisait les missions, c’était un vrai stratège et il rapporta des informations capitales lors de la libération française.


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AMANT
Au retour de la guerre, Ian reprend sa vie de Don Juan dans les hautes sphères de Londres. Son amie Muriel Wright devint une estafette de l’Amirauté. Lors d’un bombardement, elle fut tuée alors qu’elle allait chercher des cigarettes pour Ian. Il fut sans doute traumatisé, mais ne montra jamais a son entourage ce qu’il ressenti ce jour-là. Vers 1945, Fleming reprend sa relation avec Lady O’Neil. Alors que son lord de mari est encore à la guerre, elle ne se gênera pas pour le cocufier autant que se faire se peut. En parallèle de sa relation avec Fleming, elle avait une autre relation avec Lord Rothermere, futur héritier de la presse angalise et ami de Fleming. Le triangle amoureux était une histoire très compliquée jusqu’à la mort de Lord O’Neil au combat en Italie. Lady O’Neil choisi entre ses deux amants le plus riche et le plus confortable, Lord Rothermere. Ian n’en fut pas vraiment déçu, il faut dire qu’il honnit le mariage comme une paire de menottes. La veille de son mariage, Ian rendit visite à la future Lady Rothermere. Cette dernière raconta à ses proches que si Ian lui avait demandé sa main même à ce moment-là, elle aurait tout de suite accepté et aurait rompu ses fiançailles.


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JAMAIQUE
Il y a eu un autre événement marquant pendant la guerre pour Fleming. La conférence top secret d’hauts gradés anglais et américains en Jamaïque. Ian tomba d’emblée amoureux du pays. Après la guerre, Ian reprit un poste de journaliste au groupe Kemsely  Newspaper comme reporter étranger. Il exige trois mois de vacances par contrat, pour les passer entièrement dans sa nouvelle terre d’accueil. Il achète une résidence dans un coin perdu en pleine cambrousse. Il donne a la maison le nom d’une opération qu’il avait organisée durant la guerre, l’opération Goldeneye. Il loue la maison pendant l’année à son ami Noël Coward, grand romancier. Il y fait aussi la rencontre de Madame Leiter, qui lui inspira un personnage-clé de ses futurs romans.


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LADY ROTHERMERE
Malgré son mariage, Ian continua à voir Anne. Une folle passion les unit malgré une relation complexe. En 1948, Anne va en Jamaïque pour la première fois. Anne se trouve à sa place là-bas, c’est la grande aventure, le grand amour, tout est parfait, bla bla bla…
Et un jour elle tombe enceinte de Ian. Le bébé est mort prématuré. Lord Rothermere, furieux, interdit à Anne de revoir Fleming, ce qu’elle fait quand même. En 1951, après une série de va et viens continuels, Anne divorce finalement du lord. Une pression commence alors à peser sur Ian : un mariage en vue et une relation durable. Bien plus tard elle raconta à sa fille « Ian a trouvé la sérénité en m’épousant. Il est devenu écrivain grâce à moi. » et Ian répondait par « Il fallait bien que je trouve quelque chose pour échapper à ta mère quand je l’ai épousée ! ».
L’idée d’écrire un roman d’action lui trotte alors dans la tête depuis un bout de temps. Tous les matins, il se met à son bureau pour écrire ce qu’il a appelé « le summum du roman d’espionnage. »
Là à Goldeneye, il cherche désespérément un nom qui n’ait aucun sous-entendu romantique. Un nom simple, ordinaire, facile a retenir. Un de ses livres préférés de sa bibliothèque est « Oiseau des Antilles, par James Bond ». Une syllabe qui sonne bien. Fleming reprend le nom sans se poser de questions.
Il se marrie en Mars 1952. Casino Royale sera écrit en juillet.
 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/2/22/FlemingFYEO.jpg/200px-FlemingFYEO.jpg

MARI
Sa vie va changé avant même la publication de son premier roman. Le 12 août 1952, Anne donne naissance à Casper Fleming. De retour à Londres, les Fleming emménagent à Victoria Square. Peu après ce monde laborieusement crée s’écroule. D’abord Ian déteste sa demeure londonienne, propice à des soirées entre snobs. Il vit comme un fauve dans une cage dorée, entouré d’intellectuels, d’écrivains, d’hommes politiques. Il fuit comme il peut ses nouveaux amis qui méprisent sa condition d’écrivain modeste. Fleming est un adepte de la routine, mangeant toujours la même chose, portant toujours les mêmes vêtements (smoking avec nœud-papillon bleu à pois blancs), tandis qu’Anne est une fêtarde irrégulière et de plus en plus difficile à vivre en ménage. Les engueulades arrivent et se multiplient. Fleming n’était tout simplement pas fait pour le mariage.


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BLANCHE
Le vrai refuge de Ian reste Goldeneye où il puise les plus beaux jours de sa vie. Son rythme de vie est le suivant : Fleming passe 3 mois en Jamaïque (la plupart du temps vers décembre pour fuir l’hiver anglais), il écrit un Bond, revient à Londres, publie le livre, passe 9 mois exécrables avec sa femme et retourne en Jamaïque et ainsi de suite pendant quelques années.
Il y fait la rencontre de Blanche Blackwell dont il tombe instantanément amoureux. Blanche et lui passent des journées entières a faire de la plongée, à chasser le requin, etc. (Anne de son coté trouve un nouvel amant à Londres, c’est de bonne guerre). Leur amour dévorant est une source d’inspiration directe pour de nombreux personnages féminins de Fleming…


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AUTEUR
Ian voulait a tout prix devenir une grande figure littéraire de son temps. Il travailla très dur pour que James Bond plaise au public. Ce n’est qu’à partir de son 3ème roman, Moonraker, que les ventes commencent a grimper de manière vertigineuse jusqu’à en faire les plus gros best-sellers des années 55-65. En 1956, le premier Ministre anglais, Sir Anthony Eden, séjourna à Goldeneye, et c’était le coup de pub qui a tout déclenché. Bond devient une des plus plus grosse vente à l’étranger, établissant des records en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Norvége, au Danemark, en Suisse, en Suède. Il fut repéré en Amérique par hugh Hefner, patron de Playboy. Il furent les premiers à écrire aux usa une critique des livres de Fleming et en 1959 ils publièrent une nouvelle inédite « The Hildebrand Rarity ». Le mariage entre Bond et Playboy était inévitable.
Vous vous souvenez de Madame Leiter, américaine rencontrée en Jamaique ? Il se trouve qu’elle était une amie proche de John Fitzgerald Kennedy, sénateur à l’époque. Il lui demanda si elle avait pas un bouquin intéressant a lire, elle lui envoya Bons Baisers De Russie. Fin 1960 le président publia dans TIME un top 10 de ses livres préférés. Aux cotés de Stendhal, de Lincoln, de Churchil et d’autres noms emblématiques, on trouve le Fleming, ce qui déclencha une bond-mania immédiate dans les librairies américaines. Quelques mois plus tôt, en pleine campagne électorale, Fleming rencontra J.F.K. à Washington et un dîner fut organisé. Ian donna d’énormes fous rires au futur président du monde libre en vannant Fidel Castro. Il a proposé que la CIA survole Cuba et délivre des tracts aux cubaines disant que les barbes comme celles de Castro retiennent la radioactivité et que tous les barbus étaient par conséquent impuissants. En moins de 5 ans, le nom de Fleming aura été associé au premier ministre britannique et au président américain et son impact sur les tirages et les ventes fut énorme.

http://www.mi6.co.uk/sections/literary/cover_art/ohmss/first.jpg

En 1962, il donne ses droits d’auteur aux producteurs Harry Saltzman et Cubby Broccoli. Lors du tournage de Dr. No, il fait la rencontre de Sean Connery, qui l’impressionne tellement qu’il donnera des origines écossaises à Bond dès son prochain roman. Une fois le film sorti, Fleming devient ce qu’il a toujours désiré devenir : riche et célèbre. Dommage que cela arriva a la fin de sa vie.
Il eut sa première attaque cardiaque en avril 1961. Le choc plus le fait de se savoir maintenant condamné, lui donna une inspiration mystique et spirituelle lors d’un voyage au Japon, ce qu’il retranscrit parfaitement dans On ne vit que deux fois.
Malgré les recommandations des médecins et de son entourage, Fleming continua sa vie de grand luxe et a fumer et boire comme avant, c'est-à-dire avec excès. Il perdit petit a petit sa santé, sa concentration et son inspiration (on peut constater le grand fossé de qualité qui sépare les excellents Au Service secret de sa majesté et On ne vit que deux fois sortis coup sur coup, du médiocre Homme au Pistolet D’or, sorti moins d’un an plus tard). Sa relation avec Anne n’est plus qu’un ersatz de couple.
Le 11 août 1963, Ian Fleming eut une nouvelle attaque et il décéda à l’aube le lendemain matin. Peu avant de mourir on lui posa la question « Qu’est-ce que le succès ? », il répondit « Des cendres. Rien que des cendres. ».


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L’HERITAGE
« Mes livres s’adressent aux adultes mâles au sang chaud, et sont à lire au lit, en train ou en avion. ».
James Bond devint un modèle pour les hommes, un fantasme pour les femmes, un digne exemple de classe, de style, de danger, d’action et d’aventures palpitantes, à l’image de son créateur, dur et romantique, vieux jeu et innovateur, tout en même temps.
Ian Fleming mort, son héritage lui survit à travers son univers unique porté par d’autres séries de livres, des bandes-déssinées, un merchandising fou et bien sûr une série de 23 films ayant récoltés plus de 3 milliards de spectateurs à travers le monde et toujours continuant a être produits, plus de 50 ans après ses débuts.

http://www.ex.ac.uk/bdc/images/events/james_bond.jpg http://i.biblio.com/b/136l/60433136-0-l.jpg

Dans On ne vit que deux fois, lorsque Bond est présumé mort, Moneypenny propose une épitaphe reflétant sa philosophie, comme celle de Fleming :

« Je ne perdrai pas mon temps à essayer de prolonger mes jours. Je ferai bon usage de ceux qui me sont accordés. »
Ian Fleming, 1908-1964
http://www.indiana.edu/~liblilly/fleming/images/flemingwithgun.jpg

Message modifié le 15/05 à 09:30:21 par Marv.

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Marv
Chroniqueur
http://img2.timeinc.net/ew/dynamic/imgs/061116/161617__bond_l.jpg
le 16/06/2007 à 13:38:58
Acces au message James Bond : Appendices
THE CODENAME THEORY

Les rumeurs et les théories ont éxplosés grâce au net, c'est un fait. Et particulièrement dans le monde du cinéma. Se passe-t-il une seule semaine sans qu'un gros malin nous propose une réponse pour chaque question posée dans Lost ? Ou de révéler la fin du 7ème Harry Potter ? Pour James Bond, c'est pareil, a la diffèrence près que pour cause de  près de 25 films et quasiment le double en livres, on en trouve encore plus chez les fans hardcore.

Bien sûr, la plupart des rumeurs sont vite démantelées (à l'exception de celle, tenace, suggérant qu'ils ne sont pas vraiment allés dans l'espace pour tourner Moonraker - Blasphème !). Mais parmi les théories les plus farfelues, la pire de toutes est sans aucun doute la "codename theory", littéralement la théorie nom-de-code.

la théorie codename prétend que James Bond n'est pas une vraie personne (encore un blasphème) mais un nom de code donné par le MI6, et que par conséquent, chaque acteur ayant joué Bond ont joué un personnage diffèrent mais toujours avec le nom de code James Bond.
L'intention première de cette théorie était d'expliquer pourquoi Bond ne vieillit jamais et pourquoi il changeait de gueule a chaque...changement d'acteur.
Cette théorie a déclenché de nombreuses crises chez les fans, parce que même si avait l'air de tenir la route, ça ruinait completement la mythologie bondienne, celle d'un homme unique plus fort que les autres.
Pire encore, cette théorie a trouvé des supporters dans le grand public, qui est arrivé a se persuader que ça pouvait marcher.

Alors réfléchissons. ça voudrait dire qu'il y a eu 6 personnages differents : Connery/Bond, Lazenby/Bond, Moore/Bond, Dalton/Bond, Brosnan/Bond et le petit nouveau Craig/Bond, qu'on peut écarter d'entrée de la théorie puisqu'il donne avec Casino Royale un nouveau numéro 1, rayant de la carte spatio-temporelle tous les autres, fabriquant une nouvelle continuité si vous voulez.
Mais déjà, rien qu'avec les 2 premiers, un problème se pose : Connery/Bond a été remplacé par Lazenby/Bond le temps d'un film, avant que le premier revienne. Peut-être que Lazenby/Bond s'est mis en retraitre anticipée après que sa femme soit morte (souvenez-vous de ça pour plus tard) ? Mais Lazenby reconnait des gadgets utilisés lors des missions avec Connery sur son propre bureau. Donc ces deux-là sont logiquement la même personne.
Mais en s'y tenant a cette fichue théorie, on peut se dire qu'il y a eu 4 Bonds pré-Craig : Connery-Lazenby/Bond, Moore/Bond, Dalton/Bond et Brosnan/Bond.

Cette téhorie fonctionne pour les deux premiers Moore, Vivre et laisser mourir et L'homme au pistolet d'or, dénus de toute allusion au passé de Bond. Mais dans l'Espion qui m'aimait, Hosein se souvient de Moore/Bond pendant ses études à Cambridge, ce qui signifie que Moore/Bond utilisait le nom de code pendant son passage à l'université, donc bien avant que Connery-Lazenby/Bond s'empare du titre. Encore une fois, logiquement, il parait évident que Moore jouait le même personnage que Connery et Lazenby.
Il nous reste donc :Connery-Lazenby-Moore/Bond, Dalton/Bond et Brosnan/Bond.

L'ère Dalton est la plus douloureuse pour les supporters de la théorie codename, en particulier parce que lorsque Dalton/Bond démissionne des services secrets dans Permis de Tuer, il garde son nom de code. Mais, même admettons que la paperasserie du MI6 soit extremement lente (M attend toujours ce mini-bar qu'elle a commandé sur Ebay depuis septembre dernier), Felix Leiter reconnait que Bond a autrefois été marié "il y a longtemps". Puet-être que Dalton/Bond a été marrié à une écossaise rouquine du nom de Gladys, ou peut-être qu'il a été marrié à Tracy Vicenzo, ce qui est bien plus probable, nous laissant avec plus que deux bonds : Connery-Lazenby-Morre-Dalton/Bond et Brosnan/Bond.

En se dirigeant vers l'ère Brosnan, j'imagine que vous voyez ou je veux en venir. Là aucune réference a une épouse morte pour me sauver, mais il y a bien plus simple : la séquence de pré-générique de Goldeneye se situe 9 ans avant le reste du film (1995), c'est a dire avant même le 1er Dalton, Tuer n'est pas jouer. Ce qui nous donne un seul et même Bond, Connery-Lazenby-Moore-Dalton-Brosnan/Bond, James Bond, le seul et unique.
Nobody does it better.

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gbouqueau
Chroniqueur
http://www.jamesbond-fr.com/news/data/upimages/DevilMayCare250.jpg

Bond's back... in the 60's
le 30/07/2008 à 13:50:29
Acces au message James Bond : Appendices
The devil may care de Sebastian Faulks (writing as Ian Flemming)

Il est difficile de critiquer un film. Ca l’est encore plus de critiquer un livre et réussir à le faire sans spoilers tient du miracle. J'ai essayé de vous donner mon avis sans trop vous en dire. Après, à vous de lire le livre pour savoir vraiment ce qu'il en est.

Suite à sa dernière mission, Bond est en congés forcés, histoire de faire le point sur la suite à donner à sa carrière : soit un poste de bureau, soit un retour au service actif. Faulks commence par nous décrire un Bond lessivé, songeant plus que sérieusement à arrêter avant que M ne prenne la décision à sa place. Devant la menace qui pèse sur la Grande-Bretagne, il n’y a qu’un seul homme pour mener cette mission à bien : 007.

La menace prend la forme cette fois-ci du Dr Julius Gorner, éminent scientifique spécialisé dans la production et la distribution de dérivés narcotiques à grande échelle. Bond aura pour mission de contrecarrer les plans diaboliques qui visent à détruire nos voisins d’outre-manche.

Le moins que l’on puisse dire c’est que Faulks imite le style Flemming de façon assez fidèle. Je ne suis pas un grand spécialiste de littérature anglaise mais le style est relativement à chier faisant surtout étalage du travail de recherche et de documentation effectué. Le récit, suite des écrits de Flemming, est en effet situé dans les années 60.  
On y redécouvre un Bond totalement hors de son époque. Ce que M lui reproche dans les films récents est d’autant plus vrai dans ce livre : Bond est une relique du passé. Il regarde avec un mépris incroyable les hippies remplir les rues de Londres (on est en 1967 à l’aube du mouvement). Même dans son « métier », les choses ne sont plus comme avant : le sommet de la guerre froide a été atteint en 1961 avec la crise de Cuba et la tension entre les deux blocs diminue graduellement. Bond perd ses repères, chaque agent autour de lui ayant tendance soit à retourner sa veste soit à vivre comme lui dans un esprit nostalgique.
Le style manque du vécu de Flemming, spécialiste du détail qui crée toute une atmosphère. En fait on a parfois l’impression de lire un scénario de film tellement le livre est direct mettant constamment la lecture au temps de l’action.

L’histoire reprend quand même nombre de figures de style croisées au cours des films (je n’ai pas lu tous les livres, donc je ne peux juger de la fidélité à la totalité de l’œuvre) : femmes splendides, ennemis richissimes et mégalomaniaques, confrontation autour d’un jeu avant la confrontation physique, décors exotiques (pas forcément pour nous mais pour les étrangers, Paris est exotique…), et j’en passe…
Pour être exact, on a la furieuse impression que le récit se déplace de douleur en douleur. Le plus grand nombre d'adjectifs utilisés étant certainement ceux pour décrire la souffrance. En fait, la première scène de violence ou de torture prend aux tripes avant de devenir un train-train qui revient aussi souvent que les explosions dans un block-buster américain. Il est quand même impressionnant de voir ce à quoi James Bond survit. La moindre personne normalement constituée aurait succombé très vite.

En fait, il semble que le seul intérêt de Faulks résidait dans une situation inédite dans laquelle le Bond des années 60 n’avait jamais été mise et qui intervient à la fin du livre après la résolution des enjeux majeurs. Le problème de cette partie est que le traitement de celle-ci est fait par-dessus la jambe, servant de temps mort avant de définitivement mettre le mot Fin.
En parlant de fin, je vous laisse découvrir avec délectation, le ridicule de la fin des deux adversaires principaux de notre agent secret préféré. Honnêtement, finir le bouquin comme ça est un peu scandaleux et indigne mais bon…

On a au final, malgré une piètre qualité littéraire, un livre qui se lit correctement en ces périodes estivales.

Il est à noter que ce livre a probablement peu de chances (heureusement sans doute) d'atteindre le grand écran sous cette forme, vu qu'il est situé dans les années 60 et que la situation géopolitique de l'époque est importante au récit.

3/6 A choisir, je préfère retourner voir ce que fait Jack Ryan... (ou le vrai 007 de Flemming... critique à suivre...)

Message modifié le 30/07 à 14:30:17 par gbouqueau.

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Marv
Chroniqueur
http://moviesmedia.ign.com/movies/image/article/872/872944/quantum-of-solace-20080509114305623_640w.jpg
le 09/08/2008 à 00:13:11
Acces au message James Bond : Appendices
(Avertissement : la critique qui va suivre est bidon. C’est une expérience a la con de pur Geek qui va tenter de prédire ce qu’un fan hardcore de 007 dira du prochain bond 3 mois à l’avance, et il sera peut-être amusant de comparer la prédiction et le résultat. Donc pas de spoiler ici, l’auteur de ces lignes n’a pas vu le film et ne fait qu’imaginer ce qu’il pense qu’il verra. Cette critique a été écrite le 8 Août 2008, il est donc impossible que j’ai vu le film. Enjoy)



QUANTUM OF SOLACE de Alan Smithee

L’histoire :
Après la mort de Vesper, Bond est décidé à se venger de l’organisation en la démantelant lui-même. Il en a gros ! Après avoir capturé, torturé, laissé échappé et re-capturé Mr White en Italie, il se lance a la chasse d’un industriel francais qui va tenter de détourner les ressources en eaux d’une république bananière d’Amérique du sud. Il retrouvera en chemin de vieux alliés comme Mathis ou Leiter, s’engueulera au moins 3 fois avec M au point qu’elle va presque le virer, il va coucher avec une agent du MI-6 rouquine pour passer le temps, casser un avion, s’allier avec une ukrainienne qui semblera bosser pour le méchant mais en fait qui se voudra se venger elle aussi, casser un bateau, visiter l’autriche, casser des voitures, crever de chaud dans un désert martien, faire tomber le méchant de très très très haut pour qu’il crève et courir, courir, courir, courir....



QUAND ON EST SALACE......(on finit toujours par le payer)
Le succès de Casino Royale, comme tous les succès, a été porteur d’un terrible venin : celui de l’auto-satisfaction grasse. Au lieu de continuer à révolutionner le mythe, Broccoli et Wilson (les seuls maîtres de la franchise et des films quoi qu’on en pense, quoi qu’on y fasse) ont décidé de prendre le moins de risques possibles en faisant couler le fric jusqu’a se noyer dedans en répétant tout simplement ce qui a fait le succès du premier Craig.
Le mal n’est pas inconnu : il était arrivé strictement et fatalement la même chose sur le 2ème Moore, le 2ème Dalton et le 2ème Brosnan : le 1er a été un succès ? on comprend mal pourquoi, on répète la formule de traviole et on se retrouve avec un épisode qui tire a blanc !
C’est régulier dans la franchise, parfois un mauvais canard s’insère juste après une bombe.
Mais voyons le bon côté des choses, certains acquis sont suffisamment solides pour permettre au film d’assurer le minimum syndical : les paysages sont époustouflants, la photo est léchée, la production design est réglée comme du papier a musique.... Mais au bout du compte, la magie ne prend pas.
Et là-dessus, typique syndrome Demain ne meurs jamais : la suite bigger and louder qui oublie ou elle va. On a des scènes d’action dans tous les sens, deux fois plus que dans le précédent (ça c’est bien, c’est normal) mais elles sont pour la plupart mal cadrées ou montées trop nerveusement a la bourne (ça, ça devient gonflant) et on manque cruellement d’un vic armstrong pour coordonner tout le bordel. Alors certes, on a de beaux restes : la poursuite en Aston explose de loin la précédente, la séquence en avion (trop courte) a de bon moments, et surtout le combat final en plein air est un pur moment bondien qui vaut a lui seul la vision du film.
Oui les jambes courent partout et même dans le mauvais sens, mais au moins elles marchent. Le problème c’est la tête.

Et là Haggis n’y est pas arrivé cette fois. On a beau nous sermonner de quelques punchlines sur la vengeance, on avait déjà fait le tour y’a 27 ans dans Rien que pour vos yeux et c’était déjà pas très subtil à l’époque... Les bond-girls sont insipides ou ennuyeuses a mourir. Aucun vrai travail psychologique comme sur eva green dans le précédent, juste deux « plate-formes » qui permettent a bond de passer a la scène suivante... Si elles servent a rien, il aurait fallu mettre une Moneypenny next gen, ça aurai comblé le trou affectif du film.
Le scénar en lui-même est classique, en gros. Disons qu’on se rapproche de ce qu’on faisait à l’époque de Brosnan sans avoir l’air d’y toucher (la fibre écolo a dejà servi une demi-douzaine de fois dans la saga) et qu’on y apporte un semblant de modernité dans la dureté qu’apporte Craig au rôle.
Craig lui est irréprochable. Il tient le film sur ses épaules et a de plus en plus de carrure. Pour lui on sent que ça devient de plus en plus facile et agréable de mettre des droites dans la gueule des bad guys.
Tiens les méchants, parlons-en :
Ils sont a chier. Non mais vraiment. Les hommes de main n’ont aucune personnalité(quel est le con qui a eu l'idée d'appeller une tronche de cul "elvis" ?), et aucun trait spécifique bondien, c’est juste des pantins qui servent de punching-ball a Craig. Ça fait pas réaliste, ça fait juste couillon.
Et Amalric est une erreur de casting spectaculaire. Il faut le voir se battre comme si il était dans un depleschin en battant les mains comme une nage de petit chien apeuré, au début ça amuse et après ça fout les boules : putain Matthieu, on est venus voir James Bond nom de dieu ! le meilleur agent secret du monde ! le mec qui se bat  contre des géants de 2,50 m au p’tit-déj et s’entraîne avec des mecs en armure, des samourais et toute l’armée colombienne juste pour avoir la petite culotte de la fille du général ! Quand on va le voir, on veut voir le meilleur se battre contre les meilleurs ! Greene (ha ha un jeu de mot écolo, quelqu’un ?) est sensé représenter une menace alors que son taux de crédibilité est a moins 38.... Maintenant c’est clair, sur l’échelle des méchants de bonds, on a trouvé le plus faible, celui que vôtre soeur de 5 ans pourrai battre avec les deux mains attachées dans le dos ! La honte !
Par contre si il a voulu intentionnellement nuire au film en imitant un peu Sarko ah bah il a réussi l’enfoiré ! Non mais quelle pute ce mec ! Allez, casse-toi pauvre con !


Autre sujet a controverse : le générique. Alors autant celui de Casino Royale se justifiait totalement, là ça sent juste du grand n’importe quoi en image de synthèse avec des explosions de couleurs sur les thèmes-clefs du film.... Quand est-ce qu’on reviendra enfin aux silhouettes ???
Pour la chanson, même topo : Autant le You Know My Name de Chris Cornell était énérvé, couillu, rock, là le duet Keys/White tourne au tube Rock’n’B electro (la soupe que t’écoutes sur NRJ, chéri) d’une banalité effrayante. « Another Way To Die » n’a même pas la beauté classique des chansons d’antan, et il est heueusement destiné à vite s’oublier...

David Arnold lui ne déçoit pas. Enorme boulot de composition, on l’a jamais vu aussi déchaîné sur les percussions. Il est dans la lignée du grand John Barry, et offre des thèmes qui rentrent dans la tête pour ne pas en sortir, ça sauve même le film même ! Un bijou !

Vous l’avez peut-être remarqué, je n’ai pas encore parlé de réalisation. C’est parce qu’il y’en a pas. Le Yes-man derrière la caméra a de toute évidence jamais pensée au cadre pendant le tournage et s’est contenté de diriger les acteurs... L’équipe technique a du se débrouiller et du coup on passe du mou moyen, voire au pas top. En tout cas on a rarement un mouvement de caméra de dingue (un minimum pour un bond) et le plan a jamais un vrai sens narratif mûrement réfléchit.

Alors voilà, on se retrouve avec un épisode qui fera sans doute bondir les fans de rage (non non, c’est pas si souvent le cas, matthieu) mais qui devrait divertir a sa juste mesure le spectateur lambda, qui se souvient vaguement des bonds et pensera voir un sommet d’originalité et d’action. Ah la la laaaa, je vous jure, qu’est ce qu’il faut pas lire....



4/6
un épisode sympa.... Mais on est en droit d’en attendre tellement plus maintenant que ça en devient indécent. Allez, ça passe pour cette fois de justesse, mais la prochaine fois c’est the big one ou c’est la mort !


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Message modifié le 09/08 à 03:38:53 par Marv.

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gbouqueau
Chroniqueur
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Là où tout a commencé...
le 15/09/2008 à 22:50:19
Acces au message James Bond : Appendices
Ayant pris goût aux aventures du plus célèbre agent de sa gracieuse majesté, j'ai décidé de poursuivre l'effort et d'attaquer les livre de Fleming. Pour être complémentaire (enfin je l'espère...) avec les travaux de Marv, je me livrerai à des analyses en deux temps: le livre tout d'abord et les adaptations qui en ont été tirées en essayant de juger leur fidélité et la qualité de l'adaptation par rapport à l'oeuvre originale. On commence donc par le début:

Casino Royale de Ian Fleming


Voici un résumé des points les plus importants de l’intrigue (bien sûr tout ce qui suit est bourré jusqu’à la gueule de spoilers) qui serviront après de base de comparaison pour vérifier la fidélité des adaptations ultérieures:

Le livre contrairement aux deux derniers films qui en ont été tirés se situe exclusivement en Normandie dans le région de Royale-les-eaux, bourgade fictive créée de toutes pièces par Fleming sur le base du Touquet. Le roman commence donc avec l’arrivée de Bond à l’hôtel de Royale.

Sa mission est simple : étant je meilleur joueur du service, il doit récupérer tout l’argent de Le Chiffre lors d’une partie de Baccarat. Son adversaire, un communiste notoire qui gère des trafics douteux en France, s’est retrouvé en grandes difficultés suite à une loi qui lui a fait perdre sa plus forte source de revenus : le gouvernement a passé en 1946 une loi contre le racolage et la prostitution… Toutes ses maisons closes ayant été fermées, il a perdu ainsi plusieurs dizaines de millions de Francs. Une chose est sûre, cette raison est moins glorieuse que celles qui auront été inventées par la suite mais témoigne vraiment de son temps…

Le Chiffre ayant notion de l’identité de son adversaire fera tout pour obtenir plus d’informations et pour se débarrasser de Bond : chambre d’hôtel sur écoute, tentatives d’assassinat en plein jour, …
Fleming occupera ainsi une partie du roman à faire monter la tension et à introduire ses personnages dont les célèbres René Mathis et Felix Leiter respectivement des services secrets français et américains. Bien sûr, le personnage incontournable qui sera introduit ici sera Vesper Lynd.
Flemming nous présentera aussi de façon très claire les règles de base du Baccarat qui nous permettront de comprendre les subtilités et la beauté de la partie. Au cours de celle-ci Bond se fera d’abord lessiver avant de recevoir des fonds en provenance des Américains qui lui permettront de prendre un risque inimaginable et enfin de liquider Le Chiffre en une main…

Suite à cette perte de partie, Le Chiffre va vouloir mettre la main sur le chèque que Bond a récupéré de ses gains. S’en suit donc le kidnapping de Vesper. Bond se lance à sa poursuite et, après avoir fait quelques tonneaux, se retrouve prisonnier à son tour. Le Chiffre va tenter de faire parler en s’attaquant à ses parties les plus fragiles à l’aide d’une chaise sans fond et une corde… James Bond s’évanouira plusieurs fois et, avant de sombrer dans un coma, verra Le Chiffre se faire tuer. Le tueur n’ayant pas de consigne pour Bond ou Vesper les laissera en vie mais marquera au couteau sur le poignet Bond la marque des espions : une lettre de l’alphabet cyrillique, symbole du fait qu'il est un espion.

Vient enfin la convalescence, offrant à Bond la possibilité de profiter de la côte Normande et de vérifier qu’il est toujours un homme en compagnie de Vesper. Des liens plus qu’importants vont se tisser entre les deux mais le climat est tendu. Elle se sent suivie et a par moments un comportement plus que bizarre. Au moment où Bond sera sur le point de lui avouer ses sentiments et de quitter les services secrets, il la retrouve sans vie, s’étant suicidé à l’aide de somnifères. Elle explique malgré tout son geste dans une lettre.

Avis sur le livre :

Il est toujours fascinant de se plonger dans les romans d’une autre époque et Ian Flemming fait ici un bon travail réussissant à nous évoquer l’esprit d’une époque. Son souci du détail qui fait mouche crée une ambiance et un état d’esprit du personnage principal.
Pour ceux qui ne sont pas familiers comme moi de l’œuvre de Fleming, on y découvre un Bond différent de celui que l’on avait l’habitude de connaître. Le personnage est un jouisseur et traverse la vie en excès : il fume beaucoup, boit presque autant et mange en quantité et en qualité. Il est conscient que la durée de vie des 00 est courte et tient à en profiter au maximum à une époque où la Grande-Bretagne est toujours sous le coup du rationnement des vivres. Cela fait de lui un homme en marge de son époque. Il a appris à tuer, non pas au MI6 mais à l’armée pendant la deuxième guerre mondiale.

Fleming fait preuve d’une impressionnante subtilité dans l’évolution de la relation entre ses deux personnages principaux. Ce qui commence comme une relation cordiale et professionnelle (bien que Bond ne supporte pas les femmes dans le métier parce qu’elles ne sont pas aussi rigoureuses que les hommes), évoluera lentement pour devenir de plus en plus détendue. Bien sûr l’enlèvement de Vesper et de Bond parti à sa suite, finira par sceller les liens entre ces deux êtres heureux d’être encore en vie.

La magie du détail de Fleming est résumée dans la dernière ligne du roman. En une seule ligne, il réussit à expliquer la cassure qui s’est produite et qui fera de Bond le tueur implacable incapable de s’attacher à une femme. Après la mort de celle qu’il a aimé et la lecture de la lettre qui jette un nouveau jour sur leur relation, quand M lui propose de prendre quelques jours de congés pour récupérer, James lâche sèchement : « Why ? The bitch is dead now… » Grande façon de finir un livre.

Contrairement à l’écriture de Faulks, brute sans aucune finesse ni qualité narrative, Fleming est un très bon raconteur et malgré un style direct et incisif, réussit à insérer suffisamment de subtilités dans les personnages pour nous passionner du début à la fin.

5.5/6

Message modifié le 15/09 à 22:53:50 par gbouqueau.

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gbouqueau
Chroniqueur
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Jimmy Bond, US Secret Service
le 15/09/2008 à 22:58:48
Acces au message James Bond : Appendices
Maintenant voici venir dans l'ordre les films qui ont été adaptés du roman:

Casino Royale 1954 de William H. Brown Jr.

Le livre est sorti à peine deux ans avant et le voici déjà adapté pour la télé US.
Des ajustements ont bien sûr été faits et pour la plupart, ces changements sont presque scandaleux.
On commence tout d'abord par les personnages:
James Bond est Jimmy Bond un agent secret des Etats-Unis. Son contact sur place est un certain Clarence Leter des services secrets britanniques (Felix Lieter de la CIA à l'origine). Le dernier personnage est une femme qui prend la place de René Mathis et Vesper Lynd, elle s'appellera donc Valérie Mathis, travaille pour le Deuxième Bureau (Services secrets français) et a été par le passé liée sentimentalement à Bond...

Le film (deux parties de 24 minutes chacunes) se concentre sur le soir où Bond mettra à défaut Le chiffre au cours de la légendaire partie de Baccarat. Il est décomposé en trois Actes correspondant à une présentation des personnages, la partie de cartes et les conséquences du jeu.

La première partie est introduite de façon plutôt sommaire et de sorte à mettre tout de suite dans l'ambiance. Pour faire sentir immédiatement un danger autour de cette partie de cartes, le premier plan montre Bond qui, au moment de rentrer au Casino, se fait tirer dessus. Il entre directement en contact avec Leter qui est responsable pour le film de l'exposition. Tout au long du métrage il expliquera quelles sont les forces en présence, où est le danger, les enjeux... On notera aussi le double jeu de Valérie Mathis qui doit convaincre Bond de ne pas jouer contre Le Chiffre. Cette scène se déroule dans la chambre de Bond, dans laquelle se trouve un micro qui permet à Le Chiffre qui occupe la chambre du dessus de savoir  quelles sont ses intentions (Dans le livre des agents de Le Chiffre occupent la chambre du dessus et écoutent au moyen de micros posés dans la chambre mais Le Chiffre, lui vit sur la côte...).
Ce premier acte n'a absolument rien à voir avec le livre. Il constitue une introduction plus que poussive qui permet de constater la profonde nullité de  dans son rôle de Bond.

Le deuxième acte presque 100% fidèle au livre correspond à la partie de cartes au cours de laquelle Bond va nettoyer Le chiffre. Les événements de jeu sont exactement fidèles au livre, seuls les interventions extérieures comme le moment où Bond est menacé d'une arme varient au cours du jeu.

Le troisième acte correspond à l'acharnement de Le Chiffre pour retrouver le chèque de Bond. Ici pas moyen de faire une poursuite de voitures, Bond se fera donc coincer dans son propre appartement et torturer dans sa baignoire. Pour des raisons de représentation de la violence à l'époque et de difficulté de réussir une telle scène, la torture concerne ici les doigts de pieds de Bond au moyen de pinces coupantes. Une scène que n'aurait pas renié Mel Gibson... Bond réussira ici à s'en tirer tout seul avec un léger coup de main de Valérie Mathis. Il tuera Le chiffre et ses acolytes d'une balle de revolver. Le film se termine sur un Bond en piteux état mais victorieux.

Au rang des curiosités du film, il faut remarquer la première association JamesBond/gadgets mais ici ce sont les malfrats qui en profitent. Leter nous informe donc que Le chiffre dispose d'au moins trois lames de rasoir sur lui dont une dans la pointe de sa chaussure et une autre dans son boîtier à cigarettes. Les hommes de main ont eux droit à une canne pistolet du plus bel effet. On se demande d'où vient cette inspiration, d'autant plus que Fleming nous explique bien que Bond n'a aucun intérêt dans les gadgets. Pour lui, même un silencieux est un accessoire inutile.

Note du film: 3/6 pour la présence de l'inestimable Peter Lorre.
Fidélité au livre; 5/6 pour la partie de cartes, 1/6 pour le reste du film
Qualité de l'adaptation: 3/6 Pour un format aussi court, certains raccourcis pourraient être excusables mais les trahisons sont bien trop nombreuses pour y voir une adaptation de qualité.
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gbouqueau
Chroniqueur
http://www.cyberdot.com/brendan/bond/CasinoRoyale2.jpg

What the f... ????
le 15/09/2008 à 23:01:25
Acces au message James Bond : Appendices
Casino Royale (1967)

Au départ, mon dossier avait de la gueule, j’avais prévu de comparer le livre aux différentes adaptations. Le projet se tenait et paraissait vaste… jusqu’à ce que John Huston et ses potes attaquent la fumette.

C’est bien simple, le film n’a absolument, mais alors absolument, rien à voir avec le livre. Val Guest, réalisateur britannique qui a signé un segment et les re-shoots des autres parties, le confirme : le producteur avait les droits pour faire un film mais pas les droits du bouquin (une sombre histoire trop compliquée pour que j’y comprenne quelque chose). Le producteur avait donc droit d’utiliser le titre, les noms des personnages mais pas une seule situation ou ligne de dialogue. Ils se sont donc dirigés dans la lignée des parodies d’espionnage comme la série des Flint pour en faire le film d’espionnage psychédélique ultime. Le problème c’est qu’ils ont réussi mais bien sûr la fidélité au roman est totalement absente de la totalité du métrage.

Il me reste donc à essayer de vous présenter l’intrigue histoire que vous puissiez apprécier le travail de réécriture et vous raconter grossièrement la genèse du projet.

007 est depuis longtemps à la retraite suite à la mort de la femme de sa vie, Mata Hari, mais un péril immense menace la paix dans le monde. Les responsables des services secrets Britanniques, Français, Américains et Russes s’invitent chez lui pour le convaincre de reprendre du service. Pour le convaincre, M décide de détruire son havre de paix mais trouve la mort suite à un obus mal ajusté. Bond se rend aux funérailles de M, où l’on tente de l’empêcher de reprendre du service et même de l’assassiner. La suite est un sinistre bordel où l’on va croiser une dizaine d’autres 007, la fille de Mata Hari, le neveu de Bond (Jimmy Bond interprété par le jeune Woody Allen…).

En fait ce film est aussi rentré dans l’histoire par le merdier qui l’a généré. Val Guest intervient dans les bonus du dvd pour donner quelques éclairages (à prendre avec des pincettes tellement comme diraient Fox Mulder : la vérité est ailleurs…) :
D'innombrables réals ont été engagés dont pas un n'a fini la partie qui lui était affectée. Toutes sans exception finies par Val Guest, engagé pour 8 semaines qui resta 8 mois sur le film. On lui a d'ailleurs proposé un "credit" de coordinateur du film, qu'il a refusé hilare en disant que personne n'y croirait si quelqu'un disait qu'il y avait eu une coordination sur le film... Welles ne pouvait pas sentir Sellers et ont filmé quasiment toutes leurs scènes séparément. Sellers, déjà profondément perturbé, ne s'est pas pointé un jour sur le plateau. Il a été viré et les réals et monteurs ont du gérer avec ce qui avait été filmé alors qu’il devait à l’origine intervenir à travers tout le film..
Et j'en passe...

Le film est donc le mètre étalon du film bordélique et psychédélique. La palette chromatique est d’ailleurs aussi impressionnante que les grands-écarts scénaristiques. Un film « autre » qui bizarrement ne vieillit pas tellement il est hors de tout…

Qualité du film : 5/6 (enfin pour moi…)
Fidélité au roman : 0.1/6 (les noms des personnages sont respectés)
Qualité de l’adaptation : 1/6 (Fleming avait écrit les bouquins en pensant à David Niven et c’est lui qui interprète le "vrai" 007)

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