

Critiques - Films Américains (189 topics, 217 messages) Dernier message par Marv, le 30/01 à 03:12:30 |
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| Adinaieros Rédac' chef ![]() |
Rocky Balboa de Sylvester Stallone
Même en vous attendant à ce que vous allez voir je vous conseille de ne lire la critique qu’après avoir vu le film (même si on ne peut pas dire qu’elle contienne des vrais spoilers) : pour faire court c’est très bien et ça vaut le premier Rocky.
Alors faisons vite la liste des défauts : une réalisation parfois un peu approximative, un entraînement et un combat un peu trop rapide, 2-3 scènes et dialogues un peu trop clichés. A part ça ? Que du bon ! D’un point de vue purement déconnecté de la mythologie le film est classiquement bon. Cette histoire de sportif à la retraite qui en souvenir d’une gloire passée et d’un amour perdu à envie de retourner encore un peu sentir la fureur monter en lui, a ceci de touchante qui permet au spectateur d’accrocher. En plus en reconnectant le film à la réalité, il est difficile de ne pas faire le lien avec Sly, ancienne star déchue de son piédestal. La sympathie dégagée par Rocky et par les autres persos qui gravitent autour de lui fait qu’on a envie de le voir réussir tout ce qu’il entrepend.
Et puis il y a la mythologie. Rocky quoi ! Rocky ! « Adriiiiiiiiiiiiiiaaaaaaaan ! » La musique ! La montée des marches sur la musique ! La gueule cassée de Stallone ! Même sans avoir vu les films (personnellement je n’avais vu que le 1 et il y a une petite éternité de cela), on a tout un passif, toute une mémoire collective qui vient se mettre en branle. La nostalgie fonctionne à plein régime et le mieux vous savez ce que c’est ? C’est que pour une fois ça a du sens. Bien loin des adaptations de série qui ne fonctionnent au box-office que grâce à une nostalgie frelatée (et il suffit de voir la qualité des dites adaptations pour voir à quel point les producteurs savent qu’ils n’ont qu’à jouer là dessus), ici la nostalgie fonctionne de manière à nous mettre dans un état émotionnel proche du boxeur à la retraite. On vit l’histoire avec lui, car on la connaît son histoire. Puis vient le début de l’entraînement avec cette musique qui était jusque là en sourdine et dans un tempo lent : et là, elle explose enfin, emplissant la salle, donnant tout son poids à ces quelques images qui renvoient à ce film mythique. Un pur moment de magie. Et rien que pour cette scène, rien que pour cette sensation de renouer avec une histoire qui fait partie de la culture mondiale, rien que pour ça on a envie de voir Balboa défoncer Dixon. Et du coup, le combat final devient une page d’histoire, un moment de pure grâce boostée à la masse musculaire. Ce sont les jeux du cirque et on veut voir le vieux lion mordre une dernière fois, même si c'est pour s'écrouler dérrière. Magistral. 5.5/6 (oui des défauts, oui c’est cliché, mais oui c’est un monument) ~Vous voulez réagir ? Si vous êtes inscrits allez en parler dans le forum. Sinon, inscrivez-vous !~ Message modifié le 30/01 à 00:10:00 par Adinaieros. |
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| Marv Chroniqueur RRRROOOAAAARR !!!!
allez, lève-toi que je t'en mette une autre ! |
ROCKY BALBOADe Sylvester Stallone(SPOILERS...si vous ne voulez pas vous gacher la surprise, passez directement au dernier paragraphe) L’histoire : Beuuuuuuaaaaaarrrr ! 15 ans après les événements de Rocky V, tout a changé pour l’étalon Italien. Rangé dans sa vie, il n’a jamais été aussi seul. Son fils est devenu un costard-cravate ingrat, il a un restaurant où il passe son temps à raconter ses vieux exploits sur le ring, et surtout sa femme est morte depuis 4 ans d’un cancer. Alors que la soixantaine approche, il accepte un match d’exhibition contre le tenant mondial du titre, Mason Dixon. Le match ne semble être qu’une farce tant l’issue est évidente…. Et si l’étalon en avait encore sous le sabot ? LE DERNIER REVEIL DE LA BÊTE Ce qui aurait pu tourner au nanar le plus improbable (il n’y a qu’a voir le V), Rocky Balboa s’impose finalement non seulement comme une conclusion digne de ce nom à une des grandes figures du cinéma mais aussi comme un film bouleversant sur la viellesse. Stallone a toujours mis de lui dans Rocky, au point que chaque film était l’équivalent ciné de ce qu’il devenait derrière la caméra. Comme l’a très bien dit Mad Movies, Rocky montrait la révélation, Rocky II la consécration, Rocky III la remise en question de la starification, Rocky IV la mégalomanie et Rocky V la gueule de bois post-mégalomanie. Ce dernier opus traite donc de la difficulté a vieillir et à prouver ce qu’on vaut après une traversée du désert (ce qui est le cas de Sly, n’ayant enchaîné que catastrophes et nanars depuis le touchant Copland).
La musculature de dieu grec renforce l'impression d'avoir affaire à une véritable figure mythologique
Ce dont ses détracteurs auront toujours du mal à comprendre, c’est que Stallone à une vraie maturité en tant qu’acteur, scénariste et réalisateur. Il se ré-impose donc comme un vrai auteur avec ce film, ce qui passe par un scénario totalement complémentaire a celui du premier (Spider-rico, la patinoire, chaque scène clef, l’animalerie, Little Marie, les marches du 1818, c’est simple il suffit de voir le 1 et le 6 ensemble pour avoir l’impression d’avoir affaire à un dyptique et pas une héxalogie !) incroyablement pertinent sur le mal qu’on peut avoir à se sentir vivant en approchant de la fin de sa vie (et ici Sly rappelle entre deux larmes le Dark Knight Returns de Frank Miller qui avait exactement le même propos avec un Batman sexagénaire). Rocky est devenu un sage pour les siens mais il est entouré de fantômes : Mickey est mort (apparition en subliminale), Apollo est mort, et Adrieeeeeeene est morte aussi. D’ailleurs excellente idée que de la tuer : elle sert plus l’histoire morte que vivante. Le personnage qui était devenu un boulet dans les précédents films redevient là un vrai moteur à enjeux dramatiques. C’est bien parce qu’il a tout perdu (Rocky comme Sly) qu’il ré-éxiste, qu’il ressuscite à l’écran. Niveau réalisation, c’est sobre (normal avec un budget aussi maigre) et ça ne fait pas dans la dentelle : quasiment pas de mouvements de caméra, pas de travellings, pas d’effets de dingues (sauf le combat mais c’est autre chose). Sly a donc une réele cohérence entre sa réal, son scénar et son jeu d’acteurs, les trois transpirant la noblesse et quelque chose de terriblement humble. En tant qu’acteur, Rocky Balboa est son meilleur film. Son visage est devenu un paysage et il aborde tout son film avec une humilité déconcertante, ce qui donne une humanité au film plus grande qu’on aurait jamais pu l’ésperer. Tel John Wayne ou Clint Eastwood, on a envie de dire que c’est maintenant que Stallone commence sa carrière, en priant pour qu’il fasse une fin de carrière aussi brillante que les deux monstres sus-cités. Il le mérite. Sly sait donc ce qu’il fait a tous les niveaux et dieu qu’il le fait bien ! Il suffit d’une montée en puissance sur 1 H 10, et hop nous revoilà revenu au bon vieil entrainement sur la musique de Bill Conti comme 30 ans en arrière. La magie opère et le film est parfait jusqu'à la dernière image à partir de là.
60 ans, une rage intacte... ça donne presque envie de vieillir tiens.
LA LEGENDE S’ECRIT JUSQU’AU DERNIER ROUND Arrive alors mon moment préféré du film, celui qui m’a arraché des larmes de bonheur : le combat ! Filmé avec des doigts de fée, on est pris entre les coups de Balboa et de Dixon avec une intensité que je n’ai trouvé que dans le deuxième opus et Raging Bull. Incroyable moment d’endurance physique (comme le premier combat) où Sly se donne à 200%, au mépris de sa santé. Vous croyez qu’un homme de 60 ans n’a rien à faire sur un ring ? Et ben vous l’avez pas vu le Rocky, majestueusement filmé en contre-plongée les trois-quarts du match, donnant une impression de vrai monstre, de bête qui se réveille pour la dernière fois, qui donne tout ce qu’il a pour donner une putain de leçon d’humanité : l’important dans la vie c’est pas de donner des coups, c’est de prendre des coups et de toujours se relever. Et quand on sait le nombre de crises cardiaques et de membres cassés enchaînés au cours des 6 films, on devine l’exploit physique du bonhomme de se tenir debout après un tel tournage (le combat était en partie vrai et improvisé et donc d’un réalisme effrayant à l’écran). D’une esthétique à faire chialer les amateurs de la Renaissance, d’un rythme dévastateur, d’une grandeur d’âme et de tripes comme on l’a rarement vu au cinéma, le combat est un vrai orgasme pelliculaire jusqu'à la dernière seconde du dernier round… AH QUEL PIED ! 5,5/6 Si Rocky Balboa s’impose comme le meilleur film de l’héxalogie, il signe aussi le plus beau come-back de ces 10 dernières années, bouleversant et magique retour d’un vrai auteur qui retrouve la grandeur d’âme de ses débuts. Et vous en connaissez d’autres vous, des auteurs qui mettent à ce point leur santé physique en jeu juste pour dire merci à leurs fans ??! En définitive, un film d’une dignité absolue…. Rocky comme Stallone aura tout donné, il aura tenu jusqu’au bout, tenant ainsi une promesse de 30 ans. La boucle est bouclée et la bête peut partir fière… l’étalon a bien prouvé jusqu'à la dernière seconde que c’était lui le roi de la jungle. ![]() ![]() |
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