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Chroniques ciné
Critiques - Films Américains (189 topics, 218 messages)
Topic "Apocalypto [Mel Gibson]" (Messages 1 à 1 sur 1) Fil RSS des messages de ce topic
Dernier message par Marv, le 22/01 à 02:18:18
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Marv
Chroniqueur
http://thecia.com.au/reviews/a/images/apocalypto-poster-0.jpg
Marv 1er
le 22/01/2007 à 02:18:16
Acces au message Apocalypto [Mel Gibson]
APOCALYPTO de Mel Gibson

L’histoire : un village maya est saccagé et ses hommes battus et kidnappés par une autre tribu, dans le but d’être sacrifiés pour les dieux. Un seul, patte-de-jaguar, parvient à s’évader. Parviendra-t-il à survivre et à sauver sa famille ?


LA FIN D'UNE CIVILISATION
Quand on parle d’un film de Mel Gibson, faut toujours remettre les choses dans le contexte. On a tellement dit n’importe quoi sur lui (et lui y compris) qu’on est complètement passé à coté de ses intentions d’auteurs pourtant bien réels. Alors que d’autres acteurs s’autoproclament réalisateurs sans la moindre notion d’écriture cinématographique, Mel Gibson, construit, film après film, une vraie fresque de l’humanité à travers son histoire avec un point de vue assez unique : révéler la nature humaine via son rapport avec la violence. Après avoir exploré la naissance d’une nation avec Braveheart  et celle d’une civilisation avec la passion du Christ (qui, ne vous en déplaise, insistait tous deux sur des vérités historiques trop souvent chuchotés par Holywood, même si c’était fait parfois de manière trop lourde), Gibson semble terminer un cycle avec Apocalypto, portrait de la fin d’une civilisation en partant d’un point de vue individuel. Et il est dur pour le spectateur occidental de 2007 de ne pas faire le rapprochement avec la situation actuelle dans le monde. Gibson le dit de manière claire dans le film : le début de la fin d’une civilisation commence quand ses membres s’auto-détruisent entre eux, surtout si on sert de la religion pour tuer qui que ce soit.
Alors que dans ses interviews Gibson semble être un fou accroché à sa paroisse, il dénonce bien au contraire les dérives puantes que les religions peuvent entrainer (et il parvient a saisir toute la connerie de l’humanité en quelques plans a peine).


UNE HISTOIRE DE VIOLENCE
La beauté du film, outre son aspect politique, se trouve dans le respect du genre dans lequel il s’inscrit à savoir le survival pur et dur old school, comme seuls Predator et Rambo 2 nous en avait donné jusqu’ici. Les mayas ne sont pas caricaturés en monstres, il y a simplement les guerriers qui tiennent a leur vies et ceux qui tiennent à leurs dieux. La survie de Patte-de-Jaguar est fascinante car elle prend aux tripes. Ce type maîtrise tellement son environnement qu’il le symbolise jusque dans sa chair : il devient la jungle, dans ce qu’elle a de plus vivant, de plus hostile et de plus terrible. Et si le film n’est pas extrêmement gore, il est quand même assez hardcore pour qu’on en ait pour nôtre argent. Gibson remet ainsi au goût du jour le coup de massue dans la gueule en gros plan, démembrages, autopsies pas très catholiques, consommation de testicules de tapir, découpage de tête, j’en passe et des meilleurs en vous laissant le plaisir de découvrir à quel point Gibson aime malmener la chair de ses personnages.


Apocalypto ne signifie pas apocalypse mais nouveau départ. Mais vu le final, aussi alarmant que pertinent, ce départ n’augure rien de bon pour les jours futurs. Un mélange d’espoir et de résignation parcourt le film, incitant le spectateur a se faire sa propre opinion sur les thèmes du film.
Gibson nous prouve donc encore une fois qu’il est un vrai auteur et qui a des choses à dire, tout en réalisant un film poignant et viscéral.
Tout serait parfait si il n’y avait pas quelques petits défauts : rythme lourd dans la première demi-heure, scènes inutiles, des répétitions un peu maladroites et une musique pas toujours convaincante mais dans l’ensemble le cœur y est : acteurs naturels, style quasi-documentaire(et le respect de la langue d'origine va dans ce sens), image numérique superbe, cadrage soigné, mise en scène de la violence pensée et clarté du propos assez respectable.



5/6
Gibson signe un quasi chef d’œuvre, en tout cas sincère et authentique, qui excite autant les sens par sa violence qu’il fait réfléchir sur nôtre destin en tant que masse. Pour apprécier le film, il faut dissocier l’image qu’on a du bonhomme de son métrage, et comme je sais que la plupart des gens en sont incapables on devra attendre 10 ans pour que le film soit reconnu comme un classique…Ainsi va le cinéma


http://adinaieros.free.fr/Forum-blog/imdb.JPG




~Vous vous sentez la fougue d'un guerrier maya ? Vous savez cuisinez des testicules de Tapir ? Vous voulez réagir ? Si vous êtes inscrits allez en parler dans le forum. Sinon, inscrivez-vous !~

Message modifié le 28/01 à 01:11:16 par Marv.

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