

Critiques - Films Américains (189 topics, 217 messages) Dernier message par Adinaieros, le 07/01 à 00:33:55 |
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| Adinaieros Rédac' chef |
The Fountain de Darren Aronofsky
Darren Aronofsky a en 2 films (Pi et Requiem for a dream) forgé sa réputation de réalisateur inclassable et culte. Expérimentation visuelle, sujets forts, choix gonflés qui passent pourtant comme une lettre à la poste, le jeune réalisateur à conquis un public restreint (faut dire que par exemple la bande annonce de Requiem… n’a pas du aider à rameuter les foules) mais fidèle (faut dire que la qualité des films aide pas mal). The Fountain va assurément faire perdurer cet état de fait. L’histoire raconte à travers 3 époques (passé, présente et future) et à différents niveaux de réalité (fantasme, création, réalité ? on ne sait jamais trop même si des éléments permettent de choisir son camp) l’histoire d’amour entre Thomas (Hugh Jackman) et Isabelle (Rachel Weisz). Grand écart donc entre l’histoire de base (histoire d’amour) et le traitement mélangeant mysticisme et sf. Casse gueule mais ce n’est pas comme si ce n’était pas la marque de fabrique du réal-scénariste. Personnellement ça a fonctionné à plein régime. L’histoire d’amour m’a pris aux tripes, me fracassant littéralement le cœur (larmes aux yeux d’émotions -de ressentir leur amour si beau, si profond- durant les 3/4 du film), je n’ai pas vu le temps passer, mon état d’esprit se collant parfaitement à celui du personnage de Hugh Jackman, l’identification au héros se faisant pleinement. De la même manière je n’ai pas eu une impression de complexité folle du scénar malgré les mélanges pas toujours très clairs au premier abord mais cela tiens peut être du fait que j’ai eu l’impression d’être connecté au film et à son histoire (oui, oui, expérience quasi mystique devant le film).
Un travail magnifique sur l'image
Par contre, pas besoin d’expérience paranormale pour apprécier le film dans sa partie technique et ce dans les moindres recoins (Aronofsky étant bien aidé par l’équipe qui le suit de films en films). Il y a le travail sur l’image -particulièrement visible- avec ses photos très différentes suivant le segment du film (sombre chez les Mayas, naturelle au présent, lumineuse jusqu’à l’éblouissement dans la bulle du futur) ou avec ces SFX magnifiques dans des teintes mordorées de toute beauté. Mais il y aussi le travail sonore à proprement parler hallucinant : la musique de Clint Mansell (qui retrouve là le niveau grandiose qu’il avait dans Requiem for a dream) bien sûr mais aussi le travail sur les sons de manière plus générale. On pensera à la courte scène où Thomas n’entend pas les bruits de la rue par exemple mais cela tient souvent à des manipulations faites de manière beaucoup plus subtile : par exemple le son utilisé quand dans le futur Thomas rapproche ses doigts de l’écorce est le même que celui du présent lorsque Thomas embrasse la nuque d’Izzy (cela sera repris d’ailleurs de manière visuelle vers la fin du métrage). De même des sonorités sont souvent utilisées de manière extrêmement discrètes pour provoquer une sensation chez le spectateur. Ce « cinéma de la sensation » (pourrait-on dire) est renforcé par la réalisation et le montage. Aronofsky modifie les perspectives et les angles d’attaque utilisés habituellement et cela de manière jamais gratuite mais bel et bien pour renforcer un parallélisme entre deux scènes qui sembleraient disjointes sans ces procédés. Le montage, très cut sans verser dans le clippesque énervant, renforce ces effets et appuie les images importantes du film, soulignant le côté répétitif de certains gestes -à travers les époques- de la même manière que dans Requiem for a dream.
Une histoire d'amour magnifique (oui, j'utilise beaucoup magnifique)
En parlant de parallélisme le scénario et surtout les dialogues arrivent à tisser une toile qui s’entremêle sur les 3 époques, répétant les motifs mais aussi en les décalquant (on pensera pour cela à la scène de dialogue entre Tòmas et la reine Isabel qui a un double sens prodigieux entre la situation que les personnages vivent et la situation que ces « même » personnages vivent à l’époque moderne ). Cela semble d’une facilité à la vision du film que l’on est frappé par la difficulté d’une telle entreprise qu’en se remémorant le film. Car c’est un film dont on se souvient. Les images sont puissantes, restant fermement gravé en tête, évocatrices de l’amour fou que porte Thomas à Izzy, amour qui traversera les âges, jusqu’à cette conclusion qui restera comme l’une des plus belle qu’il m’ai été donné de voir. Un film en état de grâce. 6/6 (tiens j’ai oublié de parler des acteurs alors qu’ils sont tous formidables, mis à part Hugh Jackman qui lui est extraordinaire) ~Vous voulez réagir ? Si vous êtes inscrits allez en parler dans le forum. Sinon, inscrivez-vous !~ |
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