

Critiques - Films Américains (189 topics, 217 messages) Dernier message par Marv, le 08/12 à 03:35:20 |
|
| maodun Chroniqueuse ![]() |
Hard candy
J’avais trop trop trop hâte de le voir celui là (merci Marv pour les infos exclusives 5 ans avant, du coup on n’est pas sur les dents en attendant ). Et ce qui fait vraiment plaisir : je n’ai pas été déçue. Pas du tout même. Le film est bien rythmé, bien écrit (certains dialogues sont vraiment excellents), prenant …
Quelque chose qui m’arrive très rarement devant les films : je n’ai pas eu envie de faire de pause, je voulais voir ce qui allait se passer, suivre l’histoire. Et encore plus rare, à la fin du film le(s) personnage(s) m’ont manqués. Pas envie de savoir ce qui se passe après, ça gâcherait le plaisir de ce film là, mais je garde une réelle sympathie, un plaisir d’avoir vu ce(s) personnage(s). Bon quand même le film : Une fille de 14 ans et un mec de 30 ans se draguent sur internet. Ils se rencontrent chez lui et cela ne tourne pas comme il avait prévu. Il se fait séquestrer pour avoir draguer une fille aussi jeune….par la fille elle-même! Forcément, je suis avec elle d‘office. Mais en plus, j’adore tout ce qu’elle fait, dit, pense… C’est rare d’avoir un personnage aussi mature, réfléchi, organisé, intelligent… Et ça fait du bien. Pour le coup j’ai trouvé une super héroïne qui me plait bien, ma « vengeuse » même pas masquée. L’histoire avance selon son plan, on ne sait pas ce qui va se passer, on ne sait pas exactement où elle va, s’il va s’en sortir… Jusqu’à la fin, dont je ne dirai rien pour ne pas émettre même une bribe de spoiler. Mention très spéciale pour les acteurs qui réussissent à faire couler tout seul le film alors qu'ils ne sont que 2 les 9/10ème du temps. Gros coup de cœur pour ce film. Une bonne idée très bien traitée ce n’est pas si fréquent. 5/6 (je parais enthousiaste? Je le suis encore plus) Message modéré le 06/11 à 09:35:11 par Adinaieros. |
|
| Adinaieros Rédac' chef ![]() |
Hard Candy de David Slade Une gamine de 14 ans qui se fait draguer par un trentenaire ? C’est louche. Surtout lorsque le grand (méchant ?) loup laisse le petit chaperon rouge boire des vodka orange… Mais le Petit chaperon rouge va se rebiffer… Le film est un premier long métrage et comme -dans un tout autre registre- Bernard Jeanjean avec J’me sens pas belle, David Slade a choisi la gageure ultime : 2 acteurs, unité de lieu, unité de temps (à des exceptions rachitiques près). C’est très casse gueule pour de multiples raisons, la première d’entre elles étant la lassitude qui peut naturellement surgir d’un duo durant plus d’1h30. Ici c’est loin d’être le cas grâce à un scénario au cordeau qui est mené tambour battant et à l’interprétation nickel (pas scotchante au premier abord mais quand on sait qu’Ellen Page avait 18 ans lors du tournage là où elle agit comme une gamine de 14 ans de manière toujours crédible, ça change la donne). On est pris dans les rebondissements, les scènes scotchantes et les faux semblants tout le long de l’histoire et ce grâce à un détail qui est souvent oublié dans les scénars : la cohérence du discours. Le personnage de teenager d’Ellen Page est en effet extrêmement cohérente dans ce qu’elle dit et remporte ainsi l’adhésion…même si la violence physique et psychologique qu’elle déploie laisse parfois pantelant. Non tout n’est pas parfait dans Hard Candy (on regrettera une réalisation qui se la pète un peu par moment et une utilisation un peu forcée des gros plansalors que pourtant à côté de ça l’utilisation du hors champ est génialissime) mais l’ensemble est d’une teneur plus que largement supérieure à la moyenne et nous tient de bout en bout. 5/6 (une excellente surprise) ~Vous voulez réagir ? Si vous êtes inscrits allez en parler dans le forum. Sinon, inscrivez-vous !~ Message modifié le 06/12 à 01:40:08 par Adinaieros. |
|
| Marv Chroniqueur candy eater
![]() |
HARD CANDY de David Slade
(cette critique contient des spoilers, il est donc fortement déconseillé de le lire sans avoir vu le film) L’histoire : Un photographe trentenaire donne rendez-vous innocemment à une jeune collégienne innocente de 14 ans rencontrée sur Internet en toute innocence. Après lui avoir fait boire quelques cocktails innocents, la fillette va se révéler être une véritable tortionnaire et va innocemment torturer son hôte tout aussi innocent. SAVOIR C’EST AUSSI COMPRENDRE Si j’insiste aussi lourdement sur le terme d’innocence, c’est parce que justement il n’y a aucun élément innocent dans le film. Tout le génie de David Slade sur ce 1er film réside d’ailleurs dans cette intention : Comprendre un problème d’actualité et en faire un huis clos fluide et oppressant sans jamais simplifier le problème, en l’occurrence ici la pédophilie. Sur le sujet traité, le film est en fait si innovateur et si intelligent qu’il aide mieux à comprendre que tout ce qui s’est fait auparavant sur le thème au cinéma. Et pourtant, le film a la lourde tache de succéder au Lolita de Kubrick (ainsi qu’a son remake de 97 par Adrian Lynn), lui-même adaptation du livre fondateur de Nabokov. Alors quel est l’apport du film ? Dans un premier temps, ne pas traiter le pédophile comme un monstre mais comme un être humain (de la même manière que l’on traite Hitler dans La Chute). Ainsi, non seulement le mal a visage humain est plus angoissant, mais en plus il fait poser des questions au spectateur, se rendant compte qu’en ayant le même parcours, il aurait pu aboutir au même résultat. Ensuite Slade fait, tout comme Kubrick et Nabokov avant lui, une différence, une nuance essentielle entre la pédophilie et la loliphilie. Mais alors, cher lecteur, tu vas sans doute te demander qu’est-ce que la loliphilie ? Et bien, c’est tout simplement être attiré émotionnellement et/ou sexuellement par des jeunes filles entre 12 et 16 ans (d’où une moyenne de 14 ans représentée dans le film), ce qui est totalement diffèrent de la pédophilie, n’importe quel médecin qui a fait un minimum de psycho vous en dira autant (même si le terme de loliphile a été remplacé dans les bouquins de médecine par « complexe de lolita »). Slade marque aussi une différence nécessaire (et celle-là est innovatrice au cinéma) entre celui qui passera à l’acte, celui qui passera à la barbarie et celui qui restera voyeur toute sa vie, passif, et c’est le spécimen qui est montré dans le film. Sans jamais justifier la pédophilie, Slade insiste donc (et il fait bien) sur le pourquoi et surtout sur le comment un homme normal et banal (ça pourrait être n'importe qui) peut être atteint d’un complexe de lolita. Ce propos une fois posé, Slade peut raconter comme il l’entend sa version ironique du petit chaperon rouge. LE VRAI MONSTRE DU FILM Et c’est là que ça devient diablement couillu et intéressant. D’ailleurs n’oublions pas qu’à l’origine l’histoire du petit chaperon rouge a été crée justement pour « subtilement » mettre en garde les gamines contre les grands méchants loups qui voudraient les bouffer crues. C’est donc un juste retour des choses, ou plutôt un sévère retour de bâton dans la gueule que de montrer que le monstre n’est pas forcément celui qu’on croit, mais est en fait celui qui avait le masque le plus innocent, celui de l’enfance. Parlons donc de cette monstrueuse Hayley, la petite croque-mitaine conçue pour faire peur aux aimants à écolières. « si t’es pas sage, un jour tu tomberas sur Hayley et elle te coupera le service 3-pièces ! », c’est ainsi qu’on met en garde ces messieurs maintenant ! Une des plus grandes qualités du film est d’avoir fait de la gamine une pourriture plus vicieuse et dangereuse que ce qu’elle combat. Car à mesure que le film passe, on réalise non seulement que le mec n’est jamais passé à l’acte, mais surtout qu’elle s’en fout royalement ! On le voit a partir du renversement de situation, elle prend même un malin plaisir à éxécuter son plan (qui d’ailleurs est révélateur de son immaturité puisqu’il ne fonctionne pas et qu’elle fait a peu près n’importe quoi dans les 20 dernières minutes du film). Ce n’est donc pas d’une espèce de justice divine ou même morale dont il est ici question mais bel et bien d’une psychopathe ultra-violente, sanguinaire et sadique qui s’amuse à torturer physiquement et psychologiquement son adversaire dans sa propre maison. Certes il a un passé trouble. Certes il a été témoin d’un meurtre qu’il a été incapable d’empêcher. Certes il a fait boire quelques cocktails à une ado sans doute avec des intentions malveillantes. Mais il n’a rien fait qui mériterait dans un tribunal la peine de mort ou même la prison à vie. La soi-disante justice qui s’abat sur lui n’est donc qu’une vengeance aveugle se défoulant sur le premier venu pou peu qu’il montre certaines tendances.
Le poster résume également cette idée : ici le petit chaperon rouge est le loup de l'histoire En termes de valeurs et de morales, le spectateur ne peut donc pas raisonnablement ni se fier à la gamine, puisque c’est la méchante du film, ni au pédophile puisque nos préjugés et nos tabous nous inculquent que ce sont avec les nazis les pires représentants de l’espèce humaine. A ce moment-là, le réalisateur ne juge aucun des personnages (et heureusement) et offre donc 2 choix au spectateur : celui de se mettre dans le camp d’un des deux personnages puisqu’ils sont tous deux à la fois attirants, monstrueux et humains (et du coup identifiables), ou alors faire le choix conscient comme le réalisateur de ne pas juger les 2 personnages du film (ce qui serait stupide puisque ce sont des personnages fictifs) et de les appréhender comme n’importe quel personnage. Ainsi le spectateur mâle s’identifiera automatiquement qu’il le veuille ou non au personnage de patrick wilson lors de l’incroyable scène de l’émasculation, qui même elle se révele être fictive (quel soulagement !), a des répercussions épidermiques importantes sur le spectateur. En d’autres termes, on se tient l’entre-jambe en imaginant l’incroyable souffrance de devoir subir cette perte, filmé avec énormement de tact et resséré sur lui a tel point qu’on a l’horrible sensation de subir cette opération nous-mêmes. Sachant que c’est pour un homme a peu près le pire choc traumatique qu’il peut avoir sur sa personne physique, imaginez mesdames alors a quel point on est scotché au film, et d’autant plus ravi quand on se rend compte que le gars est entier. On comprend peu après qu’il a le choix entre s’échapper ou se venger de cette rencontre traumatisante. En optant pour la seconde voie, on comprend que personne n’est innocent et que ce qui se joue dans cette maison c’est un duel de gens dont la place est en hopital psychatrique et nulle part ailleurs. D’où un final presque décevant puisque forcément injuste et frustrant. CELUI QUI A EMPRISONNE LE DIABLE DANS UN CORPS D’ANGE Outre bien sur le jeu d’acteurs parfait (on se plait a aimer les acteurs autant qu’on devrait se méfier de leur personnages et Ellen Page se place au rayons actrices en modèles réduits a suivre après avoir illuminé a elle seul le tristement nanaresque X-men III), on doit souligner la réalisation de Slade qui a parfaitement saisi la relation trouble et ambiguë des deux personnages. Et ce qui aurait pu être une bête pièce de théatre filmée devient un bijou de réalisation en passant par l’utilisation subtiles de gros plans et en insistant sur des détails tous chargés de sens sans être lourds, c’est une véritable leçon de caméra quand on se rend en plus compte que le film a peine coûté 1 Million de dollars. La classe. L’intelligence de Slade vis-à-vis de ses contemporains est ainsi comparable à celle de Fritz Lang, le premier réalisateur a avoir en gros traité de la pédophilie et c’était rappelons-le dans M. Le Maudit. Comme dans Hard Candy, le film si il dénonce aussi de la monstruosité du pédophile (mais c’est alors plus grave, le bonhomme étant un vrai serial-killer à filletes), il y fait surtout une attaque incisive et brutale du peuple, de la masse rendue folle et en particulier ses criminels qui s’organisent pour attraper le pédo, et l’éxécuter. Lang faisait alors comprendre aux spectateurs que les tueurs ne valent pas mieux que le pédophile qu’ils ont tué. Les fillettes restent mortes, aucune véritable justice n’a été rendue, et le mal n’est pas vaincu si on ne combat que ses symptômes. Un propos qui est passé totalement à des kilomètres du public de son époque, au point que le film fut très apprécié par le IIIème Reich, Hitler et particulièrement Goebbels qui adora le film juste parce que le pédophile était condamné a mort. Lang se rend bien compte, horrifié, qu’ils n’ont rien compris au film (qui vomit le fascisme de son époque, rappelons-le, les criminels n’étant rien d’autre qu’un réseau fasciste). Tout ça pour dire qu’on peut aimer le film en passant totalement a coté de son message qui est de dire : le monstre n’est pas celui que vous croyez, vous n’avez aucune idée de ce qu’il est réelement et si vous ne le comprenez pas en vous abaissant a son niveau (ou pire) de barbarie physique alors vous ne valez pas mieux que lui. 5/6 En évitant tous les clichés sur la pédophilie, David Slade offre avec cette première réalisation un huis-clos intimiste, viscéral, brillant et portés par deux acteurs parfaits, jouant deux personnages aussi charismatiques que dérangeants. Un film coup de poing (de fillette dans les valseuses) ! ~Vous voulez réagir ? Si vous êtes inscrits allez en parler dans le forum. Sinon, inscrivez-vous !~
Ndr : Hard Candy est une expression assez répandue (surtout en Angleterre) pour désigner sur internet les filles mineures. Les termes lolis, strawberries, little angels, preteens, kdquality, lolicon ou au japon roricon sont plus employés et appropriés. Mais Hard Candy sonne mieux vu le sujet du film... Message modifié le 11/12 à 00:24:47 par Marv. |
|
Vous ne pouvez pas ajouter de messages.
Forum gratuit proposé par
v 2.7 alpha 1
-
Un service
-
-
Page générée en 5,133 secondes le 06/01 à 11:06:45.