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Chroniques ciné
Critiques - Films Français (99 topics, 116 messages)
Topic "Silent Hill [Christophe Gans][US]" (Messages 1 à 2 sur 2) Fil RSS des messages de ce topic
Dernier message par Marv, le 13/07 à 16:20:25
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Adinaieros
Rédac' chef
http://www.beyazperde.com/images/haber/galeri/6925-silent-g3b.jpg
le 02/06/2006 à 23:40:37
Acces au message Silent Hill [Christophe Gans][US]
Silent Hill de Cristophe Gans

Bon déjà tuons le suspense : c 'est la meilleure adaptation de jeu vidéo a ce jour. C’était pas dur mais c'est enfin fait : un jeu vidéo a été adapté en conservant son ambiance originelle.
Le film fait plus que cela Gans adaptant sa manière de filmer au sujet : comme il l'avait déjà expérimenté sur Le Pacte des Loups on retrouve une manière de positionner sa camera par rapport a l'action tirée des jeux. Ca permet de faire monter l'angoisse dans des scènes de déambulation classique mais ou le positionnement de la camera cache les couloirs, jouant énormément sur le hors champ.
Cette manière de filmer trouve cependant ses limites lors de certaines scènes trop gimmick : la perte du couteau ressemble a s'y méprendre a une cinématique et c'est plus gênant qu'autre chose.

Ceci dit Gans n'oublie pas qu'il réalise un film et non pas un jeu. On trouve des références a certains des films d'angoisse les plus fameux (cf les plans larges de voiture de nuit : un classique depuis Shinning), et une réalisation très propre et suffisamment inventive pour ne pas gâcher le film. Je regrette tout de même qu'il y ai perdu au passage toute la folie qui le caractérisait dans ses deux précédents films : c'est sûrement du a l'hollywooderie du film qui culmine dans le personnage de Sean Bean complètement inutile et a l'histoire assez factice qui n'est la que pour rajouter un soupçon de testostérone a un film qui n'en avait pas besoin. Le film est une allégorie assez puissante sur les filles/femmes/mères et les rapport et contradiction a l’intérieur de ce triptyque : le besoin de rajouter un perso masculin ne se faisait pas sentir...

Tant qu'on en est a parlé des acteurs je signalerai en tout premier lieu que désormais Dakota Fanning a une concurrente : elle s’appelle Jodelle Ferland et elle est capable de jouer dans un même film une fillette gentille et convaincante et une petite fille de type Sadako tout ce qu'il y a de plus flippante.
Le reste du cast est très bon avec une héroïne particulièrement crédible avec une évolution lente et subtile le long du film.

Mais tout cela serait vain sans une bonne histoire. Et la on a une histoire assez forte, bien menée, bien racontée et ce même sans avoir jouer aux jeux. La toute fin est un peu didactique mais ca passe comme une lettre a la poste et c'est suffisamment bien écris pour être agréable.

C'est donc un film riche que voilà, assez subtil, pas sans défauts mais ils sont suffisamment peu nombreux pour que ce soit un film très plaisant a voir.

5/6 (au passage pour les âmes sensibles : il y a un tout petit peu de gore mais c'est temporellement assez court et pas insoutenable.)


http://adinaieros.free.fr/Forum-blog/imdb.JPG

Message modifié le 27/06 à 20:08:14 par Adinaieros.

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Marv
Chroniqueur
http://artfiles.art.com/images/-/Silent-Hill-Poster-C12144441.jpeg
pratique
le 13/07/2006 à 16:20:25
Acces au message Silent Hill [Christophe Gans][US]
SILENT HILL de Christophe Gans


Le Cinéma et les Jeux-videos sont des arts a part entière. Le Jeu-video, comme le Cinéma a commencé par des débuts dérisoires pour évoluer grâce a la technique, et devenir un art de narration.
Leur diffèrence principale étant l'interactivité, il est difficile de rapprocher les deux médias. C'est un fait connu des Joueurs, la plupart du temps les adaptations de films en jeux donne des résultats très moyens, pareil pour le trajet inverse, comblé de nanars plus ou moins reluisants allant du sympathiquement con (Super Mario Bros, Mortal Kombat, Street Fighter, Doom) au totalement insupportable (Resident Evil, Resident Evil 2 : Apocalypse, House of The Dead, Alone In The Dark) en passant par le niveau 0 de réfléxion (Tomb Raider, Tomb Raider 2, Wing Commander).

En fait, jusqu'en 2006, la seule véritable réussite dans le domaine était un Ovni filmique hors-compétition, Tron, puisqu'il créait son propre jeu en même temps que sa propre adaptation filmique.*


Et si ce sous-genre (car c'en est un, bien qu'en passe de devenir un genre a part entière) est dénué de bijoux, c'est à cause de deux facteurs :
-Le fait qu'on attache pas assez d'importance à l'histoire d'un jeu quand celle-ci est fondamentale
-Et la propension exponentielle de la connerie humaine qu'on retrouve chez les costards-cravates, voulant a tout prix viser les ados en les prenant pour des cons alors que la majorité des joueurs ont maintenant 25 ans et que le fond compte pour eux au moins autant que la forme.


Ce qui est fascinant dans Silent Hill, c'est que pour la première fois, un réalisateur parvient justement a créer un pont entre les deux arts-medias sans jamais renier ou sous-estimer l'un des deux au profit de l'autre.

C'est donc avec du respect et des cojones que Christophe Gans est parvenu à l'adaptation quasi-parfaite, qui fera tellement dâte dans l'histoire, qu'elle fera encore jurisprudence dans 20 ans comme la marche à suivre dans ce cas précis d'adaptation.

Silent Hill est à l'origine, ou plutôt jusque-là, une tétralogie de jeux d'horreur/exploration ayant tous le même cadre(la ville, mystérieuse sous une brume épaisse la plupart du temps, et passant parfois à un univers infernal, variable selon le visiteur) mais à chaque fois des personnages diffèrents. Silent Hill, premier du nom, montrait Harry, un père veuf, qui part a la recherche de sa fille disparue dans la ville. Silent Hill 2 présentait un autre homme dont sa femme (pourtant décédée) lui a envoyé une lettre lui demandant de se rendre à la ville pour la retrouver. Silent Hill 3 illustrait l'histoire de la fille d'Harry, a la recherche de sa mère dans la ville. Silent Hill 4 : The Room est un cas particulier montrant un homme qui n'habite pas à Silent Hill mais a proximité. Il vit dans un petit appartement dont il est emprisonné de l'intérieur sans savoir pourquoi.

Christophe Gans, et ses deux scénaristes, Nicolas Boukhrief et Roger Avary, ont eu l'intelligence de jouer aux 4 jeux et de les finir eux-mêmes pour aborder l'écriture, le traitement et le découpage. Ainsi on a une histoire originale reprenant la base narrative du premier, l'univers esthétique du second, les personnages et le propos du troisième et les angles de caméra du quatrième. Tout se marrie si bien au final qu'on ne peut que leur en être reconnaissant.


Comme dans le jeu, en explorant la ville, la mère se retrouve à la fois en quête de sa fille disparue, mais aussi de son rôle de mère, le film explorant sans cesse les rapports mère/fille, ainsi que l'engagement et la responsabilité qu'implique un tel rôle.

Comme dans le jeu, la ville est une métaphore servant a révéler de manière frontale et violente les peurs de la mère et de sa fille, ses pires cauchemars prenant vie en même temps que sa propre vision de l'enfer.
D'ou un univers visuellement riche et des décors superbes évoluant en même temps que ses protagonistes.
L'intelligence de la thématique de Gans étant de montrer que les héros, par leurs actes et leur réfléxion, modifient totalement leur environnement.
Rajouttons à cela une belle palette de monstres franchement réussis, la palme revenant a Gueule de Pyramide, véritable motherfucker dont chaque apparition entraine une vague de satisfaction aussi sadique que jouissive. A coup sur, le personnage culte du film qui restera longtemps dans la mémoire de tous ceux qui l'ont vu.

Ceci dit, tout cela serait totalement vain si le film n'était pas servi par une réalisation qui suit. Et là encore, Gans montre son talent de conteur par son découpage et son sens de la mise en scène. Chaque plan au millimètre près est inspiré d'un des jeux de manière directe ou indirecte, la caméra opérant des mouvements dantesques pour montrer la confusion physique (des décors variables) et psychologiques (des personnages).

On doit aussi beaucoup à la direction d'acteurs, qui, Eux, croient en ce qu'ils font, ce qui renforce l'immersion et l'identification.

Il faut aussi noter la musique superbe qui est tout simplement, a la note près, celle des jeux (particulièrement le celles du 2 et du 3). Pourquoi changer quelque chose qui marche, surtout quand on sait a quel point la musique est culte pour les joueurs, le compositeur étant aussi le réalisateur principal des 2 derniers jeux. Des thèmes forts et faciles a retenir, c'est aussi ce qui fait la marque des grands films.

Gans trouve même le moyen de pallier le manque d'interactivité qu'implique un film en finissant sa peliculle sur un final qui laisse le spectateur décider (ou pas) du sort des personnages.

Je trouve quand même deux points noirs (qui risque de s'accentuer hélas, avec le temps) :
Outre un final un poil éxpéditif, les passages avec Sean Bean trouvant l'histoire de la vieille ville en expliquant peut-être une fois de trop les "règles" de l'univers du jeu. Des scènes forcément adréssés aux non-gamers qui n'auraient pas compris l'histoire jusque-là, mais des scènes pas forcément indispensables qui sapent parfois du coup le rythme du film. Un director's cut devrait pouvoir arranger le problème.


5/6
D'une beauté inouie et d'une intelligence rare, aussi puissant que sensoriel, Silent Hill est le premier film a pouvoir se comparer au jeu sans mourir de honte, loin de là. Gans rend justice aux jeux et montre que l'adaptation est possible a condition d'avoir un minimum de respect pour l'oeuvre originale.
Sa réussite implique du coup qu'on peut maintenant espérer avec foi des adaptations de chefs d'oeuvres video-ludiques qui donneront d'autres chefs d'oeuvres cinématographiques....

Un petit pas pour le film de genre, un saut de géant pour le cinéma.




* : Je ne fais pas mention des films Final Fantasy qui sont des films d'animation développés par Squaresoft, des cas particuliers dont je reparlerais dans ma critique de Final Fantasy VII : Advent Children






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Message modéré le 11/08 à 19:21:43 par Adinaieros.

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