

Critiques - Films Américains (189 topics, 217 messages) Dernier message par Marv, le 12/08 à 00:17:43 |
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| Adinaieros Rédac' chef ![]() |
The Devil’s Rejects de Rob Zombie
Suite de The House of 1000 Corpses de ce même Rob Zombie (ancien chanteur de hard), The Devil’s Rejects s’intéresse aux tueurs du premier volet. Si celui ci était (paraît-il) un film bordélique et chatoyant, le nouvel opus est doté d’une photo et d’un cachet très seventies, très Texas Chainsaw Massacre. La famille Firefly s’échappe plus ou moins des griffes de la police et part dans une course sanglante à travers l’Amérique. Rob Zombie livre la un travail de réalisation particulièrement bien ficelé, avec une utilisation intelligente du cadre et des arrêts sur image. Son utilisation de la musique vient rejoindre la qualité de l’interprétation dans la courte liste des qualités. Car oui, si Rob Zombie filme bien et que les acteurs s’en sortent bien ce n’est pas pour autant un bon film, loin de là. Le scénar enchaîne les scènes avec une absence totale d’un début du commencement d’idée de sens du rythme, ce qui était loin d’être évident de toute façon puisqu’il manque un enjeu au film qui impliquerait le spectateur. Si la première scène est quasiment la seule potable du film c’est parce que c’est la seule où l’on a pas pu encore voir les Firefly agir et montrer qu’ils sont bel et bien des « rejetons du Diable». L’idée de leur opposer un flic violent et antipathique pourrait fonctionner s’il était vraiment monstrueux et qu’il les dépassait en horreur, tandis que là, certes ce n’est pas quelqu’un de recommandable mais il est loin de susciter une antipathie comparable à celle provoquée par Otis et les autres. Du coup à aucun moment leur sort ne préoccupe le spectateur qui attend (ou pas) patiemment la prochaine scène crade justifiant la catégorisation du métrage en film d’horreur. Scènes qui semblent absolument vides de sens et qui ressemblent seulement à un étalage gore de sadisme. Et ami lecteur, ne me traite donc pas de chochotte ! Je suis loin d’être le dernier à apprécier de la violence malsaine et gratuite…mais si c’est le cas le minimum c’est de mettre le spectateur mal à l’aise. Choix que renie totalement Rob en refusant de montrer les moments les plus horrifiques en gros plan et en atténuant la portée en couvrant le son par la musique. Le film est moins dérangeant et possède moins de scènes gores qu’Hostel, c’est tout dire ! A côté de cela le film n’est en rien un film qui fait peur, vu qu’aucune scène n’essaye d’atteindre ce but et que le destin de tous les personnages est écrit à l’avance. Ne parlons pas de suspens vu que tout le film est téléphoné de A à Z, ni d’action vu que la palabre est le cœur du métrage (avec des dialogues volontairement assez cons mais qui sont rarement drôles - à la rigueur le « ça sent le lapin » et le dialogue sur Star Wars sont sympas -). Le road movie ne vaut pas mieux, les personnages ne traversant que 3 ou 4 décors sur 1h40 de film. En fait le film est à l’image de ses protagonistes : bête, méchant et inintéressant. 1.5/6 (par contre j’aimerai bien voir un film où Rob Zombie n’interviendrait qu’en tant que réalisateur et non pas en tant que réalisateur-scénariste) Message modifié le 15/01 à 12:24:59 par Adinaieros. |
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| Marv Chroniqueur ![]() |
THE DEVIL'S REJECTS de Rob Zombie
L'histoire : Après avoir trucidé a tout va, une famille de serial killers psychopathes doivent s'enfuir de leur maison, poursuivis par un shériff qui réclame vengeance dont ils ont tués le frère. Leur fuite va se transformer en carnage démentiel... Une déclaration d'amour, voilà le message que délivre Rob Zombie pour son 2ème film. Une déclaration d'amour si sincère qu'elle force l'admiration. Une déclaration d'amour faite au cinéma de genre des années 70. LES ANNÉES 70 SONT DE RETOUR Il fut une époque ou les films qui marchaient le mieux étaient les meilleurs, une époque ou les producteurs n'hésitaient pas a mettre un fric fou dans les films les plus osés et les plus dingues. On avait droit au meilleur du cinéma, le cinéma plus perfectionné, le plus transgressif, le plus humain, le plus intelligent, le plus émouvant et le plus burné. Je vous parle d'une époque que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaitre. Je vous parle d'une époque de grâce, un âge d'or que, nous autres jeunes cinéphiles n'avons pu vivre. Heureusement, ça va changer. C'est maintenant une certitude : les années 70 font leur grand come-back dans les années 2000. Certes Les Kubrick, les Leone, les Peckimpah, les Carpenter, les Hopper, les Friedkin, les Coppola, Les Penn ont peut-être fait leur temps, mais dieu soit loué, on a enfin retrouvé leurs dignes descendants que sont Raimi, Tarantino, Jackson, Fincher, Stone, Spielberg, Scott et enfin Rob Zombie. A la manière d'un Tarantino qui rend hommage a ses films préférés pour se construire son propre univers avec les Kill Bill, ou encore à la manière d'un Spielberg qui nous rappelle les classiques politiques et policiers d'il y a 30 ans avec son parfait Munich, Zombie nous fait le même coup pour le cinéma transgressif des années 70. Il ne s'agit pas seulement d'un jeu de réferences, c'est un reflet du bon goût et du bon cinéma qui sert un nouveau propos. Mais avant le propos, voyons justement quelques belles références du film, autrement dit la base : QUAND L'EMPIRE CONTRE-ATTAQUE RENCONTRE BONNIE AND CLYDE AU PAYS DE MASSACRE A LA TRONCONNEUSE Mariage improbable a première vue, les 3 films étant tout aussi cultes que radicalement diffèrents. Et pourtant ça fonctionne du feu de dieu. Le film reprend la trame et certaines scènes clés du meilleur épisode de Star Wars, la famille de psychopathes de Hopper et enfin ce vent de liberté, la fuite, et l'amour qu'on ressent pour des criminels comparable au Bonnie et Clyde du grand Arthur Penn. Et puis cette ambiance, ce ton, cette bonne odeur de souffre...Tout rappelle La Horde Sauvage de Peckimpah, c'est évident. Ce ne sont pas des gros clins d'oeils faits pour des spécialistes, c'est une superbe base réferentielle qui sert a créer du neuf. GOOD MOTHERFUCKERS Le film montre la plus belle et la plus attachante famille de dingues qu'on ait pu voir depuis la famille Corleone. ça tient autant aux personnages qu'aux acteurs, tous parfaits et habités. La famille se compose du père, le Captain Spaulding, clown baraque aussi drôle que violent, Otis, le fils ainé en mal de reconnaissance qui se la joue Charles Manson a la sauce Leatherface, Baby, petite furie sadique d'1m 60 dont on tombera forcément amoureux et Mother Firefly, la mère dégénérée. Tout ce petite monde est joué par des acteurs qui savent ce qu'ils font et qui ne traitent jamais leurs personnages par-dessus la jambe (merci la direction d'acteur, monsieur Zombie) et pour cause, ils viennent tous du cinéma de genre : Captain Spaulding, aka Sid Haig, a déjà joué les durs dansKill Bill vol. 2, Foxy Brown, Jackie Brown et même Les diamants sont éternels Otis, aka Bill Mosseley a commencé au ciné en jouant les frères sadiques de Leatherface dans Massacre a la tronçonneuse 2 Le shériff Wydell, William Forsythe est un second couteau qu'on aura vu dans Dick Tracy, The Rock et surtout Il était une fois en Amérique. Mother Firefly, c'est Leslie Eastbrook, la grand athlète blonde de la série des Police Academy. Ken Foree, Charlie, c'est tout simplement le héros black du Zombie de Romero ! et son assistant, MIchael Berryman, c'est le tueur principal de La Colinne a des Yeux d'origine. Encore tout un pan merveilleux du cinéma de nôtre enfance qui saute aux yeux....Que du bonheur. UN MESSAGE D'AMOUR ET DE LIBERTÉ Toute la beauté du film, sa plus grande qualité, est d'être arrivés a nous faire aimer cette famille de pychopathes dégénérés alors que nôtre morale devrait nous pousser a les hair, a les voir souffrir et mourir. Mais c'est loin d'être le cas. Ayant adoptés un système de valeurs totalement opposé au nôtre, ils échappent a tout jugement (d'ailleurs le réal a le bon sens de ne jamais juger un seul de ses personnages). Oui ce sont des tueurs, oui ce sont des bourreaux qui prennent et détruisent des vies innocentes, mais putain qu'ils continuent ces malades, on en redemande ! Surtout a partir du moment ou leur némésis, le Shériff Wydell décide de se mettre a leur hauteur, de refuser la loi. En devenant un monstre lui-même, le spectateur finit par logiquement choisir un camp : celui du shériff si il n'a pas compris le film, ou celui de la famille Firefly pour tous les autres. Et comment ne pas prendre leur parti dans cette séquence de torture ou ils en prennent plein la gueule, torturés par Wydell... Du coup dans un final tragique et émouvant on se surprend a ressentir du respect, de l'affection et même de l'amour pour cette belle bande d'enculés. On sent alors un grand sentiment de liberté, une bouffée d'air frais unique et jouissive. Voilà le tour de force du film : avoir réussi a transformer a nos yeux les pires raclures de l'humanité en héros iconiques touchants et émouvants. Tout ça grâce à la réal, au traitement, et a ses personnages. Soulignons enfin la b-o qui colle parfaitement au film entre country et rock. Le générique puissant du début nous mettra d'entrée dans le bain avec Midnight rider qui donne un timbre déjà sympathique au film, et qui se finit sur une utilisation tétanisante de Free Bird de Lynard Skynard qu'on est pas prêt d'oublier. !!! TUTTI FUCKING FRUTTI !!! Devenue a juste titre déjà culte un peu partout chez les cinéphiles du monde entier, The Devil's Rejects est une bombe, si ce n'est un chef d'oeuvre (le temps doit lui seul décider de ça. on verra dans quelques années, mais a mon avis c'est bien parti). La seule chose qui m'empêche de mettre un 6/6 est de savoir qu'un director's cut encore plus jusqu'au-boutiste existe... C'est ni un film d'horreur, ni un road-movie. C'est un film inclassable qui tire vers le western hardcore. Aussi brutal qu'émouvant, aussi drôle que triste et passionant. On lui pardonnera aisément des petites erreurs de jeunesse de réal à Rob Zombie puisque sa mise en scène se tient de bout en bout et qu'il tient son propos comme sa caméra. Cet homme est un guerrier ! 5,5/6 Voici sans aucun doute l'un des grands temps forts de l'année, voire de la décénnie. Une oeuvre complète, inclassable, proche de la perfection, gorgé de scènes d'anthologies et de personnages marquants comme il en existe peu. Ce film est un concentré de plaisir, un orgasme cinéphilique pur et dur. C'est toujours beau la naissance d'un vrai auteur, alors merci monsieur Zombie, vous revenez quand vous voulez (et vivement son Halloween). ~Vous voulez réagir ? Si vous êtes inscrits allez en parler dans le forum. Sinon, inscrivez-vous !~ Message modéré le 12/08 à 10:44:40 par Adinaieros. |
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